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La pauvreté croissante dans l’Hérault
Le dernier rapport du Secours Catholique sur la pauvreté révèle que l’Hérault est touché par une augmentation significative de la précarité. Les retraités et les travailleurs à faible revenu contribuent de plus en plus à cette situation préoccupante.
Le rapport 2024 du Secours Catholique, basé sur les observations de 60 000 bénévoles, dont 870 dans l’Hérault aidant 8500 personnes en difficulté, montre que la pauvreté s’étend dans tout le pays. Malheureusement, le département de l’Hérault ne fait pas exception. « Le nombre de personnes n’ayant aucune ressource a atteint un niveau record cette année, passant de 12,9 % en 2022 à 18,5 % en 2023 dans l’Hérault ».
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Le niveau de vie médian en déclin
Le Secours Catholique attire l’attention sur la situation des plus démunis avec le titre « Quand la solidarité s’éloigne », alertant ainsi les autorités et le grand public sur la détérioration du niveau de vie des plus pauvres et sur leur difficulté d’accès à la protection sociale à cause de la complexité des démarches administratives. Le rapport souligne d’abord la détérioration des indicateurs de pauvreté, y compris le niveau de vie médian des ménages assistés.
« Les femmes sont les principales victimes de la pauvreté et constituent 62% des personnes rencontrées dans l’Hérault. »
« Le revenu médian dans l’Hérault s’établit à 715 € en 2023, contre 745 € en 2022, ce qui représente une baisse de 10 % en un an, et seulement 555 €/mois pour les plus démunis. De plus, 95 % des foyers ont un niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté (1275 €/mois), et 74 % vivent même dans une situation d’extrême pauvreté », indique le rapport : « Le niveau de vie médian des personnes soutenues a chuté de 10 % entre 2021 et 2023. En outre, 64 % sont en situation d’impayés et 26 % d’entre elles résident dans un logement précaire ».
La solitude comme un facteur de précarité
Le Secours Catholique met en avant que la pauvreté touche particulièrement les femmes : « Elles sont les principales victimes de la pauvreté et forment 62 % des personnes rencontrées dans l’Hérault », précise le rapport. Ce chiffre est à mettre en relation avec une autre donnée : « La solitude est un facteur de vulnérabilité : 81 % des individus soutenus par le Secours Catholique dans l’Hérault sont des personnes seules, qu’elles aient ou non des enfants. »
La pauvreté touche également de manière croissante les personnes de plus de 50 ans : elles représentaient 11,4 % des personnes accueillies en 2022, tandis qu’elles constituent 22,1 % en 2023. En somme, 21 % des personnes soutenues par le Secours Catholique sont à la retraite…
Un autre problème majeur souligné par le Secours Catholique est le renoncement aux soins. « La complexité du système entraîne un non-recours aux droits pour les plus fragiles. En effet, le non-recours aux prestations sociales a atteint 36 % pour le RSA (une augmentation de 10 points par rapport à 2010). Dans l’Hérault, nous observons 31,3 % de non-recours au RSA et 28 % de non-recours aux allocations familiales parmi les personnes que nous avons accueillies. »
« 21 % des personnes assistées sont à la retraite, et parmi les 19,1 % de personnes employées, 29 % occupent des postes à temps partiel tandis que 21 % ont des contrats précaires, tels que CDD et Intérim. »
Parallèlement, le Secours Catholique constate une forte augmentation des demandes d’aide aux démarches administratives : + 7 points en dix ans. « Elles sont passées de 6 % en 2018 à 15 % en 2023 dans l’Hérault, ce qui témoigne d’une plus grande opacité du système de protection sociale… C’est la preuve que notre solidarité s’éloigne ! »
Données clés de la délégation de l’Hérault
-870 bénévoles ont assisté plus de 8500 ménages en 2023 dans 43 lieux d’accueil ;
-Plus de 80 % des personnes rencontrées sont seules, avec ou sans enfants ;
-34 % d’entre elles sont des mères isolées.
Les enjeux de l’emploi
Le rapport du Secours Catholique établit également un lien entre précarité et emploi. D’après les données, 62,8 % des personnes rencontrées sont inactives. Parmi elles, 24 % sont en inaptitude, 17 % n’ont pas de droit au travail (notamment les étrangers) et 21 % sont à la retraite. « 18,1 % des personnes rencontrées sont au chômage, et parmi les 19,1 % de personnes en emploi, 29 % sont à temps partiel et 21 % occupent des contrats précaires, comme les CDD et les intérimaires. »
Une situation de logement préoccupante
Concernant le logement, la situation est tout aussi alarmante. Le Secours Catholique indique que 26 % des personnes aidées vivaient dans un logement précaire l’année précédente, contre 17 % en 2022. « Malgré les 1305 places d’hébergement d’urgence à Montpellier, 83 % des demandes restent sans réponse et 74 % des demandeurs ne reçoivent aucune réponse du 115. En 2024, l’Hérault compte 802 personnes logées à l’hôtel chaque nuit, contre 588 en 2021 », précise le Secours Catholique.
« La solidarité s’éloigne » : l’appel du Secours Catholique de l’Hérault
« Nous constatons aujourd’hui, encore plus qu’hier, que la vie quotidienne devient de plus en plus difficile pour les personnes en situation de précarité, que ce soit en matière de logement, de sécurité alimentaire, de santé, d’éducation des enfants, de relations sociales ou de mobilité… Leur histoire, résumée par ces chiffres, peut apparaître incongrue dans un monde où la solidarité, celle construite par nos aînés au sortir de la guerre, est de plus en plus remise en question. Un monde où cette solidarité envers les plus démunis est perçue comme un frein à notre compétitivité économique, un monde où seules les économies sont mises en avant, laissant les plus démunis dans un état de suspicion de fraude.
La pauvreté aujourd’hui, c’est toujours être seul, mais aussi être seul face à un ordinateur, signifiant pour beaucoup un mur infranchissable. Oui, la solidarité s’éloigne chaque fois qu’un guichet se ferme, lorsqu’un contact humain est supprimé, lorsqu’un écran remplace un visage, rendant la relation avec les services publics moins humaine… Mais elle s’éloigne aussi lorsque des discours publics et privés, accusateurs, font du recours aux prestations sociales une source de honte et lorsque les responsables politiques ajoutent à la misère l’humiliation. »
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