Face à une série de tragédies, Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry à Montpellier, interpelle Emmanuel Macron avec une lettre ouverte poignante. Elle dénonce le sous-financement chronique et les conditions de travail accablantes qui mettent en péril la vie de son personnel. Depuis cinq ans, l’université a été témoin de quatre suicides ainsi que de plusieurs crises cardiaques et AVC chez ses employés, révélant une situation intolérable. Mme Fraïsse réclame justice plutôt qu’une simple aide, soulignant la nécessité urgente de solutions pérennes pour prévenir de nouveaux drames.
À Montpellier, Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry, tire la sonnette d’alarme dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron. Elle y dénonce les conséquences fatales d’un sous-financement chronique, qui plonge son établissement universitaire dans une situation critique, marquée par des décès tragiques parmi le personnel. Face à cette détresse, la présidente appelle à une intervention urgente pour sauver la communauté universitaire d’un épuisement mortel.
Dans ce document poignant publié par Le Monde, Anne Fraïsse déclare que « On meurt dans vos universités », rappelant ainsi le climat malsain qui règne au sein de son établissement. Elle relate avec émotion les quatre suicides de personnel titulaire au cours des cinq dernières années. Un bilan alarmant qui interpelle, surtout quand le dernier incident similaire remonte à 25 ans.
Outre ces tragédies, la présidente répertorie des crises cardiaques et AVC survenus en plein travail, ainsi que de nombreux arrêts de travail de longue durée pour cause de burn-out. Les tensions sont exacerbées par le recours massif à des vacataires, lesquels assurent un cours sur deux à l’université Paul-Valéry. Cette dépendance aux contractuels pose de « graves problèmes » selon Anne Fraïsse, soulignant leur incapacité à fournir le même service que les titulaires en raison du manque de moyens.
Anne Fraïsse ne se cache pas derrière le mot « aide » mais réclame plutôt de la « justice ». Elle regrette auprès de RTL : « Quand j’entends le ministre dire ‘il y a une dizaine d’universités qu’on va aider parce qu’elles sont en grande difficulté’, moi je ne demande pas de l’aide, je demande de la justice. Ce n’est pas tout à fait la même chose. » Cette distinction entre soutien occasionnel et traitement équitable des universités est au cœur de sa revendication.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, réagit à cette alerte en annonçant l’ouverture d’une inspection pour analyser la situation. Il affirme vouloir « comprendre, identifier les responsabilités et prendre des mesures si nécessaire ». Cependant, face aux critiques sur le manque de moyens, il fait preuve de prudence, rappelant les investissements récents dans le campus de Montpellier.
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Néanmoins, Anne Fraïsse souligne que malgré quelques rénovations, son université reste « l’une des moins dotées et des moins encadrées de France ». Cette situation de sous-financement persistant contribue au climat d’insécurité au sein de l’université, une réalité que la présidente refuse de voir perdurer.
Dans un contexte où les tensions autour des finances universitaires sont vives, la situation à Montpellier déclenche une attention renouvelée sur l’état critique de certaines institutions en France. Pour une analyse plus large des difficultés rencontrées par d’autres secteurs, consultez cette enquête sur le droit de grève des soignants de Montpellier.