Montrer les sections Cacher les sections
Ce mardi, environ 5 000 personnes, selon les syndicats (3 800 selon les forces de l’ordre), se sont rassemblées dans les rues de Montpellier pour demander l’abrogation des « mesures antisociales » proposées par Michel Barnier.
Une ambiance particulière régnait ce jeudi 5 décembre sur la place Albert 1er, point de départ de la manifestation intersyndicale des fonctionnaires s’opposant aux décisions du gouvernement Barnier. La veille, le Premier ministre a été officiellement destitué par l’Assemblée nationale, un événement inédit depuis 1962.
Manifestation : 5 000 participants selon les syndicats
Premier constat : l’absence de l’ennemi sur le terrain n’a pas incité les manifestants à se retirer. Au contraire, ils étaient des milliers (5 000 selon les syndicats, 3 800 selon la police) à arpenter les rues de Montpellier ce jeudi. Deuxième constat : les participants estiment que le départ de Michel Barnier ne signifie pas la fin de la politique d’austérité qu’il a défendue, ni l’abandon des mesures les plus préjudiciables pour les agents de la Fonction publique.
-
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
À proximité de Montpellier. Pourquoi les surveillants de la prison de Villeneuve manifestent ce jeudi
Les manifestants n’ont pas épargné Emmanuel Macron, réclamant « une politique différente de celle de l’austérité et du mépris envers ceux qui travaillent et n’ont pas à subir les conséquences des décisions du Président de la République ». Ce dernier est d’ailleurs encouragé par le cortège à démissionner et à se rendre dans des lieux qu’il serait inapproprié de nommer ici.
Des mesures jugées injustes
Parmi les casus belli, les grévistes ont dénoncé – entre autres – les initiatives visant à imposer trois jours de carence pour les agents de la fonction publique lors d’arrêts maladie (contre un jour actuellement), et, dans ces mêmes situations, la réduction de leurs indemnités avec une prise en charge diminuée de 100 à 90 %. « Des mesures archaïques, mesquines et populistes, qui ne font qu’aggraver les conditions de travail et l’attractivité du secteur public », déplore Nicole, employée au Département de l’Hérault, très présente lors de cette manifestation.
« Nous avons déjà enregistré 15 000 ruptures de travail conventionnelles au cours des six derniers mois… Une autre politique est nécessaire dans plusieurs secteurs prometteurs, tels que la transition énergétique et écologique, la nouvelle industrie, et les services publics… »
Les agents de la fonction publique demandent également une révision des salaires, notamment pour les enseignants, rappelant que leurs rémunérations figurent parmi les plus faibles en Europe. Les manifestants souhaitent faire passer un message à Emmanuel Macron et au futur Premier ministre. « Nous ne tolérerons pas une politique d’austérité ni des mesures répressives injustifiées », déclare Nicolas, professeur d’histoire dans un lycée de la métropole : « Le gouvernement de Michel Barnier est tombé… Si son successeur agit de la même manière, il subira le même sort ».
Cette mobilisation s’est rapidement transformée en un récital anti-Macron, les participants dénonçant au passage « le manque de dignité » d’un gouvernement « qui a ouvertement discuté et tenté de négocier sur le dos des Français avec le Rassemblement National ». Un argument repris par Serge Ragazzacci, leader de la CGT Hérault, qui se réjouit du succès de cette manifestation et souligne un taux de grévistes « très significatif » (ndlr : selon le ministère de l’Éducation, un enseignant sur trois était en grève ce mardi).
« Ressentiment et indignation » pour les syndicats
« Cette manifestation représente également l’expression d’un ressentiment et d’une véritable indignation des citoyens qui ont vu le Premier ministre, sans aucune vergogne, converser comme si de rien n’était avec l’extrême-droite… Emmanuel Macron n’a pas respecté le choix des Français exprimé lors des Législatives. Michel Barnier a encore franchi un cap dans l’ignoble. Nous assistons à une inquiétante atteinte à la démocratie illustrée par les décisions irrationnelles prises à l’encontre des fonctionnaires », déclare un représentant syndical.
Une autre approche pour l’emploi
Au-delà de cette préoccupation, le secrétaire général de la CGT Hérault souligne également les dangers pesant sur les emplois : « Actuellement, nous faisons face à 15 000 ruptures de travail conventionnelles en seulement six mois… Il est impératif de mettre en place une autre politique favorable à l’emploi, notamment en ce qui concerne les efforts à réaliser dans le domaine de la transition énergétique et écologique, ainsi que les besoins dans le bâtiment et les travaux publics, sans oublier les urgences dans les services publics tels que l’Éducation nationale et la santé, ainsi que la protection de l’enfance, la justice et l’industrie… ».
« Le nouveau gouvernement devra instaurer cette dynamique favorable à l’emploi et à l’avenir, ce qu’Emmanuel Macron n’a pas réussi à accomplir, en grande partie parce que lui et ses gouvernements successifs n’ont jamais réellement écouté les partenaires sociaux », ajoute le syndicaliste : « Il est crucial que le prochain Premier ministre soit plus à l’écoute ».
En fonction de l’évolution des événements, notamment la formation du nouveau gouvernement et les décisions qui en découleront, les syndicats (CGT, FO, CFDT, SUD, UNSA…) n’écartent pas la possibilité d’organiser de nouvelles journées d’action.
- #Manifestations
- #Michel Barnier
- #Syndicats