Montpellier : Les « sans-fac » se mobilisent pour leur avenir – Étudier comme un droit, pas un privilège!

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Par LocMontpellier

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Des étudiants dénoncent les dysfonctionnements du système universitaire

Le jeudi 3 octobre, une dizaine d’étudiants sans affectation universitaire se sont rassemblés devant l’Université Paul Valéry à Montpellier. Ils protestent contre les problèmes du système universitaire en France. Ils font face à des portes closes et à un système qui ne semble plus vouloir d’eux. Parmi les banderoles et les cris de colère, chaque étudiant a son histoire individuelle.


« On nous promet un avenir, mais il n’y a rien derrière »

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Aurélie, l’une des porte-paroles du mouvement, partage son expérience. Après avoir obtenu sa licence de psychologie, elle a postulé à plusieurs masters mais a été refusée partout, sauf à Lille et Paris. Cependant, en raison de son handicap et de ses soins médicaux à Montpellier, elle ne peut pas quitter la ville. Elle se sent piégée et dénonce l’ignorance du rectorat et de l’université face à cette contrainte majeure.

« J’ai été refusée partout, sauf à Lille et Paris. Mais je suis en situation de handicap, et je ne peux pas quitter Montpellier à cause de mes soins médicaux. J’ai été suivie par trois hôpitaux ici »

Aurélie
Étudiante en psychologie

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D’autres étudiants se trouvent dans la même situation. Fabien Bon, élu du SCUM au conseil d’administration de l’Université de Paul Valéry, critique le fait que des étudiants qui ont validé leur licence se voient refuser l’accès à un master dans la même université. Il qualifie cela de non-sens.

Des affectations inadaptées et incohérentes

L’histoire de Rose, 22 ans, illustre le sentiment d’abandon ressenti par de nombreux étudiants. Après un échec en première année de médecine, elle s’est tournée vers la psychologie. Malgré de bonnes mentions et une liste d’attente pour plusieurs masters, elle a été refusée lors de son recours en septembre. Cependant, deux jours plus tard, sa position sur la liste d’attente a changé de façon étrange.

Ces incohérences dans les affectations perturbent les étudiants. Certains se retrouvent orientés vers des masters qui ne correspondent pas à leur parcours et se sentent humiliés. Fabien dénonce cette situation en affirmant qu’il s’agit d’une maltraitance intellectuelle. Il souligne que les étudiants en psychologie sont particulièrement touchés, mais que ce problème concerne toutes les filières.

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« Je ne comprenais plus rien. Comment peut-on me refuser en me disant que c’est complet, tout en me faisant remonter dans la liste ? J’ai écrit à plusieurs professeurs, dont la directrice du master. Aucune réponse. Je les connaissais bien, j’avais travaillé avec eux durant ma licence. C’est comme si, du jour au lendemain, j’étais devenue invisible »

Rose
Étudiante en psychologie

Des recours vains

Face à ces refus et à ces propositions incohérentes, les recours administratifs sont souvent la seule solution pour les étudiants. Cependant, les résultats sont souvent décevants. Les étudiants déplorent le manque de réponses et le temps perdu. Certains sont contraints d’accepter des masters qui ne correspondent pas à leurs projets afin de conserver leurs droits sociaux.

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Cette situation précaire affecte la vie des étudiants. Ils perdent l’accès aux cours mais aussi aux aides sociales. L’inscription à l’université est essentielle pour bénéficier de bourses et de logements étudiants. Sans cela, la précarité est assurée.

« On parle de la perte d’accès aux cours, mais il y a aussi une perte des aides sociales. Sans inscription à l’université, plus de bourse, plus de logement étudiant. C’est la précarité assurée »

Fabien Bon
Élu du SCUM au conseil d’administration de l’Université Paul Valéry

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La précarité étudiante est au cœur de cette crise. Selon une étude menée par l’Observatoire de la vie étudiante, plus de 46% des étudiants en France travaillent à temps partiel pour subvenir à leurs besoins et plus de 20% vivent sous le seuil de pauvreté. Les étudiants étrangers sont également confrontés à des difficultés, car ils risquent de perdre leur visa faute d’inscription.

Un problème national

Les chiffres sont alarmants. En juillet dernier, selon le ministère de l’Enseignement supérieur, 85 000 étudiants sont restés sans affectation à l’issue de la procédure Parcoursup. À l’Université Paul Valéry, environ un étudiant sur deux ayant obtenu sa licence n’a pas pu accéder au master de son choix. Les étudiants et les syndicats réclament des solutions concrètes, notamment une augmentation du nombre de places en master et la mise en place de solutions numériques.

Les étudiants ne sont pas prêts à abandonner et continueront à se battre pour obtenir une place légitime dans le système universitaire.

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