Montrer les sections Cacher les sections
La meilleure amie de cette juriste de 25 ans, qui a perdu la vie au CHU de Montpellier, dénonce un abandon de la part du Centre 15.
Les révélations faites par Métropolitain ce samedi 26 octobre 2024 concernant le décès tragique d’une juriste de 25 ans, employée de la Ville de Montpellier, mettent en lumière des dysfonctionnements graves au sein du Centre 15. Ces faits suscitent un profond émoi et soulèvent de nombreuses questions, rappelant des tragédies similaires en France où la gestion du Centre 15 a été mise en cause, comme le cas de Naomi Musenga. Cette dernière a perdu la vie à l’hôpital de Strasbourg le 29 décembre 2017, suite à une condamnation d’une opératrice du Samu pour non-assistance à personne en danger.
-
EXCLUSIF. Montpellier : décès d’une juriste de 25 ans suite à des dysfonctionnements au Centre 15
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
La jeune juriste a succombé le 15 octobre 2024 après avoir enduré d’atroces souffrances, n’ayant pas pu bénéficier d’une intervention rapide du Samu au CHU de Montpellier. Tous les appels passés au Centre 15 ont été négligés. Ce sont finalement son ami et un proche qui, dans l’urgence, l’ont transportée aux urgences de la polyclinique Saint-Roch, mais il était déjà trop tard lorsqu’elle a été transférée à l’hôpital Lapeyronie.
Accusations accablantes
« Ma meilleure amie, ma confidente a été abandonnée par ceux qui sont censés nous protéger. Malgré mes appels incessants au 15 et au 18, aucun médecin du Smur ni du Sdis 34, aucune ambulance n’est arrivée pendant plusieurs heures. J’expliquais pourtant l’état extrêmement critique de mon amie, jusqu’à ce qu’elle commence à agoniser », se souvient la meilleure amie de la victime, qui ne parvient toujours pas à faire le deuil de cette perte. Des accusations lourdes de conséquences.
-
CHU de Montpellier : inauguration de la première voiture 100% électrique au Smur-Samu
Les résultats de l’autopsie sont alarmants : la jeune femme est décédée d’une méningite aiguë, ce qui était conforme aux symptômes que sa meilleure amie avait décrits aux opérateurs du Samu et des pompiers. Elle déclare : « Si elle avait reçu des soins plus tôt, dès mon premier appel, cela aurait pu lui sauver la vie ». S’agit-il d’une nouvelle négligence médicale ?
Actuellement, le dossier est entre les mains du procureur de la République de Montpellier, Fabrice Bélargent, qui a ordonné aux policiers du Service local de police judiciaire -Slpj- de mener une enquête préliminaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, après que les parents de la juriste ont déposé plainte.
Le régulateur du Samu 34, qui a reçu les appels de l’amie de la victime sans déclencher de secours, est suspendu à titre conservatoire par le CHU, qui, en collaboration avec l’Agence régionale de santé -ARS- Occitanie, procède également à une enquête administrative.
-
Coronavirus : 54 décès en Occitanie, messages d’alerte des opérateurs du Centre 15 du Samu de l’Hérault
La famille et les amis de cette juriste cherchent à comprendre les raisons des échecs du Centre 15 et souhaitent prévenir d’autres tragédies similaires. Cette démarche témoigne d’une grande dignité dans cette période difficile. Depuis la publication de cet article, de nombreux témoignages affluents, relatant des situations analogues vécues par d’autres familles ayant contacté le Centre 15 sans obtenir de réponse.
Parmi ces témoignages, celui d’Annie V. est particulièrement marquant : « Le centre 15 est clairement dans le viseur. Mon mari est aussi mort à cause de leurs retards. Il a fallu trois heures pour qu’un médecin arrive. Mon époux souffrait d’une septicémie et avait besoin d’une transfusion d’urgence. Lorsqu’il a été admis en réanimation, il était déjà trop tard. Mes enfants et moi avons déposé plainte. Le procureur a désigné un juge d’instruction. Je veux que la mort de mon mari ait un sens, que les responsables soient tenus pour compte ».
Retour des symptômes de la Covid
Des employés du CHU de Montpellier, ainsi que ceux du Samu, dénoncent le manque de personnel, que ce soit parmi les opérateurs, les assistantes régulateurs ou les médecins de garde, tant le jour que la nuit. Ils mettent également en avant le volume élevé d’appels à traiter et des conditions de travail éprouvantes. De plus, la résurgence des symptômes de la Covid dans l’Hérault entraîne une surcharge de travail pour les équipes du Samu et du Sdis 34.