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L’association French Tech Méditerranée, qui regroupe et soutient les start-up de la région, prévoit d’adopter une approche plus dynamique et efficace pour l’année 2025.
Au printemps dernier, Sébastien Lacaze, à la tête de la start-up Lookup Geoscience basée à Montpellier, a été désigné président de la French Tech Méditerranée (FTM). Cette organisation rassemble environ 200 entreprises du secteur numérique œuvrant dans les départements de l’Hérault et du Gard. Son rôle principal consiste à soutenir ces start-up durant leur phase de croissance, dans le but de renforcer un écosystème numérique dynamique et de favoriser la création d’emplois, estimés à plus de 5000 dans la seule ville de Montpellier.
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Les préoccupations des start-up
Le réseau d’entreprises, par l’intermédiaire de son président et de sa directrice générale, a récemment dévoilé sa nouvelle stratégie pour 2025 et au-delà. Lors de cette présentation, qui a eu lieu à la Cité de l’économie et des Métiers de demain, la FTM a introduit plusieurs actions, notamment une réorganisation du réseau. Cependant, les représentants des jeunes entreprises innovantes ont exprimé leurs inquiétudes face à la conjoncture économique et politique actuelle.
Risque sur des aides « essentielles »
« Effectivement, des mesures d’économie ont été évoquées dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025, et elles suscitent des inquiétudes », déclare Sébastien Lacaze. Parmi ces mesures, on trouve celle visant à supprimer le Crédit d’Impôt Innovation (CII), qui est essentiel pour les start-up afin de financer leurs projets de recherche et développement, particulièrement en ce qui concerne la création de prototypes. De plus, la suppression du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) est également envisagée, ce qui permettrait aux entreprises de moins de huit ans de bénéficier d’exonérations de charges pour l’emploi de jeunes chercheurs.
« Nous allons instaurer une collaboration étroite avec deux grands acteurs de la recherche locaux, l’Université de Montpellier et le CNRS. »
« Les start-ups sont de petites et moyennes entreprises : elles ne sont pas de grands groupes et n’ont pas abusé des aides publiques, donc il n’y a aucune raison de les supprimer », souligne la FTM. À titre de rappel, il est estimé que les grands groupes ont capté jusqu’à 80 % des financements du Crédit d’Impôt Recherche : « Ce changement mettrait en péril un grand nombre de jeunes entreprises à travers le pays », ajoute Laure Lenzotti, directrice de la FTM, qui considère ces aides comme indispensables pour le développement durable de projets de recherche et développement.
Des centaines d’emplois en péril ?
Les start-up de la région ont même lancé une pétition en ligne contre les mesures proposées dans le PLF 2025. Sébastien Lacaze souligne que la mise en danger des start-up pourrait entraîner la perte de centaines d’emplois dans le secteur numérique local. Néanmoins, la FTM reste confiante et a prévu de lancer un plan d’action dans les prochaines semaines.
Focus sur les Medtech et les Deeptech
« Nous avons prévu d’organiser deux grandes initiatives autour des secteurs Medtech et Deeptech, qui sont particulièrement dynamiques à Montpellier, avec des exemples comme Quantum Surgical, et qui s’inscrivent dans le projet Med Vallée soutenu par la Métropole de Montpellier », déclare le président. « Nous comptons sur la renommée de notre territoire pour aider les projets et les jeunes entreprises dans ces domaines », assure-t-il. En parallèle, les initiatives locales seront également alignées avec le projet national French Tech Central. Cela se fera également, et c’est une grande nouveauté pour le réseau, en collaboration étroite avec deux acteurs majeurs de la recherche locale, l’Université de Montpellier, qui a récemment exprimé ses préoccupations financières, et le CNRS, comme l’indique Laure Lenzotti.
La FTM vise à intensifier ses efforts dans le domaine de l’innovation en lien avec les enjeux de la transition écologique : « L’UM est reconnue comme l’une des meilleures universités mondiales dans le domaine de l’écologie, occupant une place de choix dans les classements internationaux, ce qui constitue un véritable potentiel de développement économique pour la région, et nous nous engageons à soutenir cette dynamique », affirme Sébastien Lacaze.
Encourager les chercheurs à lancer des start-up
Cette initiative donnera naissance aux défis DEALS, conçus pour aider les scientifiques, souvent réticents à se lancer dans l’entrepreneuriat, à développer leurs projets avec le soutien du réseau : « Peu importe la qualité d’un laboratoire, il est souvent difficile de trouver un marché pour une innovation… Les programmes DEALS sont là pour accompagner ces chercheurs dans la recherche de marchés », explique-t-on.
Une carte de l’écosystème à venir
En outre, la FTM prévoit de concentrer ses efforts sur la filière sportech, mise en avant à Montpellier grâce au succès de VOGO, première entreprise sportech française cotée en bourse, qui sera chargée de créer des synergies entre les solutions développées localement et les grands groupes. Enfin, la FTM a l’intention de mettre en place un observatoire de l’écosystème numérique régional, qui devrait permettre, dès le printemps prochain, de publier une carte répertoriant tous les acteurs de cet écosystème (start-up, incubateurs, laboratoires, etc.) : « C’est un outil très attendu », confie Laure Lenzotti, « et nous travaillons d’arrache-pied pour le rendre disponible rapidement. Cela permettra aux investisseurs, par exemple, d’appréhender l’ampleur de cet écosystème sur notre territoire ».
De nouveaux grands groupes vont rejoindre Montpellier
La French Tech Méditerranée compte parmi ses membres plusieurs grands groupes tels que BRL, Véolia, Dell, EDF, Enedis, ainsi que toutes les banques, selon Sébastien Lacaze. Pourquoi ces grands groupes s’intéressent-ils aux start-up montpelliéraines ? « Parce que les start-up sont en constante innovation, alors que les grands groupes le sont beaucoup moins », rappelle le président de la FTM. « Ils ont besoin des solutions développées par les start-up. Le rôle de la French Tech Méditerranée sera également d’accroître la visibilité de l’écosystème local pour que les grands groupes et les investisseurs se disent que Montpellier est un lieu d’innovation ». Il ajoute que l’écosystème montpelliérain suscite un intérêt croissant : « De nouveaux grands groupes vont rejoindre la FTM, tels que SFR, SLB et Orange ».
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