Montrer les sections Cacher les sections
- Métropolitain : Quelles différences y a-t-il entre votre rôle actuel et celui de directeur adjoint ?
- Pourquoi le Jardin des Plantes est-il important pour vous ?
- Le changement climatique : un enjeu crucial pour la gestion du jardin ?
- Prévoyez-vous de remplacer certaines plantes ou d’introduire de nouvelles espèces ?
- Le Jardin des Plantes a-t-il un rôle à jouer dans la sensibilisation à la biodiversité ?
- La forte affluence peut-elle poser des problèmes ?
- Quels projets concrets sont en cours au Jardin ?
- Envisagez-vous des partenariats avec d’autres institutions académiques ou scientifiques ?
- Si vous deviez résumer votre ambition pour les cinq prochaines années, que diriez-vous ?
À la tête du Jardin des Plantes, John De Vos se lance dans la tâche délicate de préservation de ce site historique tout en intégrant les préoccupations contemporaines liées à la biodiversité et à l’éducation.
Fraîchement nommé directeur du Jardin des Plantes de Montpellier, John De Vos, qui est également professeur de médecine et chercheur spécialisé en embryologie et biotechnologie, a la lourde tâche de gérer un lieu riche de quatre siècles d’histoire. Sa mission consiste non seulement à préserver cet espace unique, mais aussi à s’adapter aux défis posés par le changement climatique et à sensibiliser le public à la biodiversité. Nous avons rencontré un directeur passionné, dont l’objectif est de garder cet endroit emblématique vivant et en accord avec son temps.
Métropolitain : Quelles différences y a-t-il entre votre rôle actuel et celui de directeur adjoint ?
John De Vos : En tant que directeur adjoint, mon rôle était principalement d’assister le directeur dans la gestion courante, en soutenant les projets en place et en apportant mon expertise. Ce nouveau poste exige davantage d’interactions avec les partenaires, qu’ils soient institutionnels ou financiers. Des projets d’envergure, comme la rénovation des bâtiments historiques, nécessitent des accords avec des entités comme l’Université de Montpellier, la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) et la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), ainsi que le soutien des collectivités locales. Cela requiert donc des décisions prises en concertation. Je peux également influencer les initiatives pédagogiques, les expositions et les événements qui animent le jardin, ce qui permet d’ajouter ma touche personnelle.
Pourquoi le Jardin des Plantes est-il important pour vous ?
Le Jardin des Plantes de Montpellier représente bien plus qu’un simple parc ; c’est une véritable richesse en matière de biodiversité et de patrimoine. Établi à la fin du 16e siècle par Pierre Richer de Belleval sous l’ordre d’Henri IV, il avait pour mission d’enseigner la médecine et la pharmacie aux étudiants. Depuis, cet espace a connu une évolution, accueillant non seulement des chercheurs, mais aussi le grand public. De nos jours, préserver ce patrimoine nécessite de veiller sur les infrastructures historiques, ce qui a conduit aux récentes rénovations de la serre Martins, de l’Orangerie, ainsi que du Pavillon Astronomique. Mais préserver, c’est également transmettre cette histoire aux visiteurs. Nous avons l’intention d’améliorer la signalétique, avec des panneaux explicatifs sur l’histoire et la fonction de chaque secteur.
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
Le changement climatique : un enjeu crucial pour la gestion du jardin ?
Effectivement. Le changement climatique est une problématique qui influence directement notre gestion du jardin. Les étés deviennent de plus en plus secs, ce qui affecte visiblement la végétation. Nous avons déjà remarqué que certains arbres, comme le ginkgo biloba près de l’orangerie, présentent des signes de stress hydrique. Ce ginkgo, qui a été planté au début du 19e siècle, pourrait ne pas survivre longtemps si les sécheresses persistent. Ainsi, notre défi consiste à adapter nos plantations pour maintenir la beauté et la biodiversité du jardin, tout en préservant les ressources en eau.
-
L’Université de Montpellier s’engage dans une cartographie inédite de la biodiversité méditerranéenne
Prévoyez-vous de remplacer certaines plantes ou d’introduire de nouvelles espèces ?
Remplacer des plantes dans un jardin aussi ancien et protégé n’est pas une tâche aisée, car nous devons respecter les normes de préservation du patrimoine. Toutefois, si certaines plantes ne parviennent pas à survivre aux conditions climatiques, nous ne les substituerons pas par des espèces inadaptées. Nous nous orientons donc vers des espèces méditerranéennes, comme les plantes aromatiques et certains arbres, qui sont déjà bien adaptées à notre climat, résistants à la sécheresse tout en étant esthétiques. Ces choix doivent être réfléchis, car il est également essentiel d’éviter les plantes vulnérables aux éventuels épisodes de gel. Par exemple, certaines succulentes peuvent supporter à la fois le gel et la sécheresse, et nous envisageons d’augmenter leur présence. C’est un équilibre délicat à maintenir.
Le Jardin des Plantes a-t-il un rôle à jouer dans la sensibilisation à la biodiversité ?
Absolument, et je dirais même qu’il a une responsabilité à cet égard. Le public a souvent une compréhension limitée des enjeux liés à la biodiversité et des risques associés à son déclin. À Montpellier, nous avons la chance d’avoir une université reconnue pour son excellence dans le domaine de l’écologie. Mon rôle est donc de créer un pont entre cette expertise académique et le grand public. Le Jardin des Plantes pourrait devenir un lieu éducatif où les visiteurs apprennent ce qu’est la biodiversité, pourquoi elle est menacée, et ce que chacun peut faire pour la protéger. Nous souhaitons organiser des expositions et des événements pour transmettre ces connaissances de manière accessible.
La forte affluence peut-elle poser des problèmes ?
Pour l’instant, la question de la surfréquentation ne se pose pas. Le jardin est vaste et a la capacité d’accueillir beaucoup plus de monde, à condition que cela soit bien géré. Néanmoins, il existe des moments, comme lors de l’événement Primavera, où le jardin atteint presque sa capacité maximale. Ce jour-là, dédié aux plantes, est un moment important pour la ville de Montpellier, et nous acceptons donc cette forte affluence. En revanche, durant le reste de l’année, le jardin peut recevoir un plus grand nombre de visiteurs sans nuire à sa conservation. Cependant, nous suivons cette question de près, car nous voulons nous assurer que chaque visite reste une expérience agréable et enrichissante, tout en préservant l’intégrité du site.
Quels projets concrets sont en cours au Jardin ?
Actuellement, nous avons plusieurs initiatives en cours. Nous procédons à des rénovations significatives, comme celle du bâtiment de l’Intendance, qui est un élément emblématique du jardin. Nous améliorons aussi la signalétique pour offrir une expérience plus éducative et immersive. Sur le long terme, nous envisageons d’ouvrir une boutique pour les visiteurs, où ils pourraient acquérir des ouvrages et des articles éducatifs sur la botanique. Cela fait partie d’une vision plus large de l’accueil du public, visant à faire du jardin un espace culturel, scientifique et accessible à tous, tout en restant fidèle à sa mission originelle.
-
Arbre de Judée, Lantana Camara… ces plantes exotiques qui poussent dans l’Hérault
Envisagez-vous des partenariats avec d’autres institutions académiques ou scientifiques ?
Bien sûr, les partenariats sont essentiels pour enrichir les missions du jardin. Nous collaborons déjà avec la faculté des sciences de Montpellier, mais nous restons ouverts à de nouvelles initiatives, tant qu’elles respectent l’intégrité du site. Des partenariats avec des associations locales aident à sensibiliser les jeunes et à leur faire découvrir la botanique. Nous travaillons également avec l’association des Amis du Jardin des Plantes pour organiser des expositions. Ces collaborations académiques et associatives renforcent la dimension éducative du jardin et permettent de diversifier les projets.
Si vous deviez résumer votre ambition pour les cinq prochaines années, que diriez-vous ?
Mon ambition est de faire de cet endroit un espace ‘magique’ pour les habitants de Montpellier. Le jardin est bien plus qu’un simple parc : c’est un lieu d’apprentissage, de rencontres et de découvertes. Je souhaite qu’il demeure un pilier de la vie étudiante, en accueillant des événements comme l’accueil des nouveaux étudiants de l’université. Parallèlement, je souhaite renforcer sa mission éducative et écologique. Mon rêve serait qu’un jour, les jeunes générations puissent identifier plus d’espèces d’arbres et de plantes que de logos commerciaux. C’est en sensibilisant le public dès le plus jeune âge que nous pourrons modifier notre relation avec la nature et, je l’espère, garantir un avenir respectueux de notre patrimoine naturel et de la biodiversité.
- #Ecologie
- #Education
- #Enfants