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Une tragédie à Montpellier
Une jeune juriste de 25 ans, travaillant pour la Ville de Montpellier, a tragiquement perdu la vie des suites d’une méningite aiguë. Son amie, qui a tenté à plusieurs reprises de contacter les services d’urgence, n’a malheureusement pas réussi à obtenir l’aide nécessaire à temps. Voici le récit de cette affaire déplorable.
Le vendredi 25 octobre 2024, une cérémonie d’incinération a eu lieu à Montpellier pour une jeune femme de 25 ans, juriste à la Ville de Montpellier. Elle était pleine de vie et avait de nombreux projets. Malheureusement, elle a succombé à des douleurs intenses le mardi 15 octobre 2024, faute d’une prise en charge adéquate par le Centre 15, géré par le Samu 34 pour le CHU de Montpellier, depuis le Centre départemental des appels d’urgence, le CDAU, situé à Vailhauquès.
« Ma meilleure amie, ma confidente, a été abandonnée par ceux qui sont censés nous protéger. Malgré mes multiples appels au 15 et au 18, aucun médecin ni ambulance n’est intervenu pendant plusieurs heures. J’ai décrit son état de santé très préoccupant, jusqu’à ce qu’elle commence à agoniser », raconte l’amie qui n’a pas pu lui venir en aide.
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Les résultats de l’autopsie sont tragiques : la jeune femme est décédée d’une méningite aiguë, comme le confirmaient les symptômes communiqués aux opérateurs du Samu et des pompiers par son amie, qui est toujours en état de choc : « Si elle avait reçu des soins plus tôt, dès mon premier appel, cela aurait pu lui sauver la vie ». Est-ce une nouvelle erreur médicale ?
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Le premier appel, effectué le mardi 15 octobre 2024, n’a pas été pris au sérieux, tout comme ceux qui ont suivi. À 15h15, l’appel a été transféré au CDAU, la plateforme du Sdis 34 à Vailhauquès. « Mon amie m’a contactée à 14h, en me disant qu’elle avait vomi toute la nuit et qu’elle souffrait de fortes fièvres. À mon arrivée, à 15h11, j’ai constaté qu’elle était dans un état critique, j’étais très inquiète. À 15h15, j’ai eu ma première conversation avec les services du Samu, où j’ai expliqué qu’elle était très mal en point. L’opérateur, ou le médecin de garde, je ne sais pas, m’a demandé de lui passer mon amie au téléphone. Elle a confirmé son état insupportable, les vomissements incessants, les fortes fièvres, et qu’elle ne pouvait plus bouger, demandant de la morphine. On lui a répondu d’un ton autoritaire : « calmez-vous, madame, buvez de l’eau avec du sucre, ça ira ». J’ai trouvé ce ton méprisant, presque indécent; ensuite, il m’a orientée vers SOS Médecin. Je lui ai expliqué que je n’avais pas de véhicule et que mon amie était alitée, qu’il fallait m’envoyer de l’aide pour l’emmener chez un médecin. Réponse : débrouillez-vous, en me donnant l’adresse de SOS Médecin.
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Un véritable parcours du combattant commence alors : « J’ai appelé deux amis, mais l’un d’eux n’était pas disponible. L’autre, qui travaillait à proximité, est venu rapidement, mais il n’avait pas de voiture. À 15h45, voyant que l’état de santé de mon amie s’aggravait, qu’elle était complètement paralysée, j’ai appelé le 18. Un pompier m’a renvoyée à un opérateur du Centre 15, ce qui n’a servi à rien, puisque je venais d’avoir le Samu. J’ai précisé à chaque appel qu’elle était asthmatique et avait des difficultés à respirer. On m’a conseillé de lui donner sa ventoline.
Explications du Sdis 34
Ce samedi, la direction du Sdis de l’Hérault a été contactée par Métropolitain pour expliquer le fonctionnement du CDAU. Le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux déclare : « Lorsqu’un appel est reçu pour une personne malade ou blessée à domicile par le 18 ou le 112, la loi nous oblige à le transférer au Centre 15 pour une régulation. C’est le médecin de garde du Samu qui décide de la suite à donner. Étant donné que les deux services, le Centre 15 et le Sdis 34, sont dans la même salle opérationnelle, les informations sont échangées en temps réel. Dans cette situation, l’opérateur du Sdis devait orienter l’appel vers le Centre 15, c’est le médecin du Samu qui a le dernier mot pour activer les moyens du Smur, une ambulance des pompiers, ou SOS Médecin.
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La situation de détresse n’a pas été prise en compte : « Mon amie s’est évanouie, elle a des selles teintées de rouge, elle ne peut plus bouger ses jambes, sa main est rigide et elle ne peut pas bouger les doigts. J’ai rappelé le 18, et le pompier m’a suggéré de lui donner un médicament pour soulager la douleur, de lui passer la main sous l’eau, et de lui faire prendre une douche chaude.
En suivant ces conseils, j’ai demandé à mon amie de se lever pour aller à la douche. J’ai alors remarqué des taches bizarres et anormales sur son corps, ce qui m’a affolée. J’ai finalement réussi à trouver un ami ayant un véhicule pour venir en urgence.
Transport d’urgence vers une polyclinique
Il était 16h56 lorsque nous avons réussi à descendre la jeune femme, qui a dû être portée jusqu’à la voiture, car elle ne pouvait plus marcher. Son souffle devenait de plus en plus faible et la ventoline n’avait aucun effet. Elle répétait qu’elle voyait tout en blanc, qu’elle avait le corps en feu et qu’elle allait mourir, avant de perdre connaissance durant le trajet vers la polyclinique Saint-Roch, dans le quartier des Sabines. Un nouvel appel au Samu s’est révélé infructueux. C’est à 17h30 qu’elle a enfin été prise en charge. « Les urgentistes de la polyclinique ont tenté de la réanimer, mais en raison de son état, ils ont dû la transférer d’urgence au CHU de Montpellier. Nous avons rapidement appris son décès », se lamente l’amie, dévastée et en colère face à l’abandon des services de secours. La directrice de la polyclinique Saint-Roch a refusé de commenter la situation, invoquant le secret médical.
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Les parents de la jeune juriste ont déposé une plainte au commissariat de Montpellier, notamment pour homicide involontaire, ce qui a conduit le procureur de la République à ouvrir une enquête préliminaire pour déterminer les causes du décès et à ordonner une autopsie. Le verdict a été rendu le jeudi 17 octobre : la juriste a succombé à une méningite aiguë foudroyante, non diagnostiquée à temps. Ce constat soulève de nombreuses interrogations.
« Nous avons été placés sous surveillance préventive, car nous avons été en contact avec elle pendant plusieurs heures, conformément aux protocoles », se souvient-elle, ajoutant que la famille et elle-même tentent de surmonter cette épreuve, tout en espérant que justice soit faite. Ils se demandent : pourquoi personne n’a pris en compte mes alertes dans la chaîne des secours ? Elle serait encore avec nous, c’est certain.
Réaction du CHU de Montpellier
« Le CHU de Montpellier exprime sa profonde tristesse suite au décès inattendu d’une patiente de 25 ans, qui a contacté le Samu de l’Hérault le 15 octobre, avant d’être orientée vers un service d’urgence, puis accueillie au CHU où elle a perdu la vie », a déclaré le CHU dans un communiqué de presse. Métropolitain a tenté d’obtenir des précisions pendant 24 heures par email, mais sans réponse.
« Les circonstances de ce drame demeurent floues, mais une enquête a été ouverte par le parquet de Montpellier. Le CHU a également lancé sa propre enquête interne. Au nom de l’ensemble de la communauté hospitalière, la direction générale du CHU souhaite exprimer sa profonde tristesse et présente ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de cette jeune patiente. Les membres du personnel hospitalier apportent également leur soutien à ses amis, très affectés par cette perte tragique », a-t-elle précisé.
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Le CHU a également indiqué se tenir « à la disposition de la famille et des proches de la patiente, et s’engage à leur fournir toutes les informations nécessaires pour comprendre les circonstances exactes du décès. » Par ailleurs, la direction a annoncé que « sans attendre les conclusions de l’enquête interne, plusieurs mesures ont déjà été mises en place au sein de l’établissement. Tous les éléments dont dispose le CHU ont été transmis aux autorités judiciaires pour l’enquête ouverte par le parquet de Montpellier. L’Agence régionale de santé -ARS-Occitanie a également lancé une mission d’inspection concernant les circonstances de ce décès. Le CHU de Montpellier collaborera pleinement avec les autorités compétentes.
Un régulateur suspendu
Les événements se sont accélérés : ce jeudi, suite à l’autopsie et aux premiers résultats des enquêtes administratives et judiciaires, le régulateur du Centre 15, qui a géré ces appels d’urgence, a été suspendu à titre conservatoire par la direction du Samu et du CHU de Montpellier. Un cadre a été dépêché pour l’accompagner hors de la salle opérationnelle du CDAU à Vailhauquès, devant les autres opérateurs.
Enregistrements des communications
Le policier chargé de l’enquête au commissariat central a récupéré toutes les bandes sonores des communications entre l’appelante, l’amie de la victime, les opérateurs et le médecin d’astreinte au Centre 15. « Les enregistrements montrent que mes alertes n’ont pas été prises en compte, c’est accablant, ces dysfonctionnements doivent être sanctionnés », déclare celle qui pleure sa meilleure amie, incinérée ce vendredi.
« Il est impératif que de telles situations ne se reproduisent plus. Comme la famille, profondément affectée par cette perte tragique, je demande instamment que ces dysfonctionnements, qui ont conduit à la mort injuste d’une femme de 25 ans, soient minutieusement analysés pour éviter que cela ne se reproduise. Lire que les circonstances de ce drame sont encore floues dans le communiqué du CHU est honteux ; nous savons ce qui s’est passé et pourquoi elle est morte. Sa disparition dans ces conditions est injuste, et mon impuissance à la sauver me hante chaque jour », confie-t-elle, tout en plaçant sa confiance dans la justice.