Montpellier : Chef de file de l’alimentation durable, « Manger comme on sème »

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Par LocMontpellier

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Montpellier reçoit les Assises régionales de la transition agroécologique et de l’alimentation durable, un moment fort où les collectivités s’engagent pour améliorer la qualité de vie.

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Les Assises de la Transition agroécologique et de l’alimentation durable, qui ont été instaurées à Montpellier en 2019, sont un événement qui se tient tous les deux ans. La dernière édition a eu lieu à Nantes en 2022, avant de revenir cette semaine en Hérault (les 2 et 3 décembre au Corum).

Des enjeux alimentaires au niveau national

Cette rencontre a permis à Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, ainsi qu’à ses deux alliés dans le domaine de la transition alimentaire et environnementale, Isabelle Touzard (vice-présidente de la Métropole en charge de la transition écologique, solidaire et de l’alimentation) et Marie Massart (adjointe au maire chargée de la politique alimentaire et de l’agriculture urbaine), de rappeler les enjeux cruciaux qui se posent dans le développement d’une agriculture locale et de qualité, tant sur le plan social, sanitaire qu’économique.

Des grandes villes comme Montpellier, Nantes ou Dijon se sont engagées sérieusement dans cette démarche, et plusieurs élus ont participé lundi matin à la conférence de lancement des Assises territoriales. Tous travaillent à l’élaboration de politiques publiques, souvent avec le soutien de l’État et d’autres collectivités, comme la Région Occitanie pour Montpellier, visant à fournir progressivements des produits frais et biologiques à la restauration collective (écoles, collèges, lycées, ainsi que les repas du Crous ou du CHU de Montpellier). La loi Egalim stipule que 20% de bio doit être présent dans les cantines.

« Il est impératif de renforcer la transformation de nos modes de production et de consommation. »

Isabelle Touzard
Vice-présidente de la Métropole, chargée de la Transition écologique, de l’Agroécologie et de l’Alimentation

Ces Assises revêtent donc une importance particulière, car elles visent à faciliter les échanges sur les pratiques afin de développer des politiques communes. Michaël Delafosse affirme : « L’objectif est de tendre vers un système agro-écologique et alimentaire résilient, solidaire et inclusif en France. » Récemment, il a inauguré la Maison de l’Alimentation Solidaire à Celleneuve : « Dans les territoires, les élus mettent en place des initiatives et des innovations pour s’engager concrètement vers un avenir d’alimentation durable. Cependant, toutes ces initiatives localisées ne suffisent pas à provoquer un changement systémique. Ces assises visent à mettre en avant ces initiatives et à réfléchir ensemble sur la manière de les étendre à d’autres territoires afin d’amplifier notre impact ».

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Les élus locaux vont présenter à l’État la Déclaration de Montpellier, qui énonce les besoins et exigences des collectivités pour une alimentation saine (©Métropolitain)

« Construire ensemble un futur meilleur »

Le maire de Montpellier souligne dans le contexte actuel l’opportunité que cela représente : « La colère du secteur agricole et la précarité alimentaire continuent de toucher nos territoires, tandis que les problèmes de santé liés à l’alimentation augmentent. Cependant, au cœur de cette crise, une dynamique émerge : celle des acteurs des systèmes alimentaires locaux. Ces acteurs sont déterminés à élaborer des solutions, comme nous le faisons sur la Métropole, et se mobilisent pour se former, échanger et bâtir un avenir meilleur ».

Les chiffres : un rapport intitulé « L’injuste coût de notre alimentation » du Secours catholique estime à 12,5 milliards d’euros les coûts sanitaires liés à l’alimentation des Français. L’alimentation demeure le premier levier pour la santé publique, avec une augmentation de +100% de cas de diabète en 20 ans.

Des solutions pratiques à envisager

Le succès de cette édition des Assises démontre l’importance croissante de ce sujet : « Nous avons dû refuser des participants », déclare Isabelle Touzard, faisant référence aux 800 professionnels présents (représentants de la société civile, du secteur agricole, de la communauté scientifique, acteurs économiques, collectivités) au Corum. « Il est essentiel d’accélérer la transformation de nos méthodes de production et de consommation. Le dialogue entre scientifiques, praticiens et décideurs est vital pour élaborer des solutions durables et adaptées à nos défis communs. Ces Assises constituent une véritable opportunité pour transformer nos défis en solutions concrètes », ajoute l’élue.

À Montpellier, le projet de cité de l’alimentation est en cours avec un objectif fixé à 2028. « Nous voulons produire 18 000 repas de qualité chaque jour pour répondre à la demande croissante des cantines et former les nouvelles générations sur les enjeux alimentaires et environnementaux », souligne Marie Massard. Le MIN accueille déjà de nombreux producteurs locaux qui alimentent en partie les cantines : « Dans nos 86 restaurants scolaires, nous proposons des plats élaborés à partir de produits bio et locaux, garantissant ainsi à tous les enfants des repas équilibrés et de qualité chaque midi ». Montpellier vise à atteindre 30% de produits issus de l’agriculture biologique et 50% de produits durables, avec une forte présence de fruits et légumes locaux.

Les élus locaux s’expriment !

Pour montrer leur détermination à promouvoir une alimentation durable, les participants aux Assises ont présenté une version révisée de la Déclaration de Nantes, qui énonce les projets des collectivités, incluant quatre orientations majeures : lutter contre la précarité alimentaire des citoyens ; soutenir les producteurs en situation de précarité économique ; protéger et reconquérir le foncier agricole ; et définir l’alimentation comme un service public et un bien commun à travers la restauration scolaire.

« Nous avons remis cette déclaration au ministre de l’agriculture, Marc Fresnau, qui a accepté un rendez-vous mais n’a pas donné suite », s’attriste Delphine Bonamy, Vice-présidente de Nantes Métropole. « Toutefois, nous restons engagés. Deux ans plus tard, les enjeux soulevés par la déclaration de Nantes demeurent d’actualité et nécessitent une mise en œuvre concrète, comme celles que nous réalisons dans nos villes. Les collectivités n’ont pas toujours le pouvoir de modifier le système, mais elles peuvent agir localement pour progresser. Nous continuerons d’avancer et soumettrons à nouveau cette déclaration à l’Etat ».

Il y a un long chemin à parcourir : bien que les collectivités contribuent au financement de l’agriculture à hauteur de 20% aujourd’hui, l’État n’accorde que 3 millions d’euros dans son budget 2025 pour soutenir les 450 projets alimentaires territoriaux (PAT) en France.

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Témoignages

-Philippe Lemanceau, Vice-président de Dijon Métropole : « Le premier enjeu de la transition agro-écologique et alimentaire est la juste rémunération des agriculteurs. À Dijon, nous nous efforçons de répondre à cette problématique. Les intermédiaires prennent une part trop importante de la valeur, laissant les agriculteurs avec le moins. Grâce aux circuits courts et aux légumeries, nous assurons une rémunération digne aux agriculteurs… L’alimentation est aussi une question de relations entre ville et campagne. Les villes ont besoin des campagnes pour se nourrir, et les campagnes ont besoin des villes pour écouler leur production. L’alimentation favorise l’alliance entre les territoires. »

-Florent Yann Lardic, Co-organisateur des Assises et Directeur du réseau Terres en villes : « En ce moment, nous sommes dans un flou politique, tant en France qu’en Europe. Les territoires représentent une stabilité et un espace d’action. Les villes de notre réseau montrent la voie. À Dijon métropole, la production locale et bio trouve d’énormes débouchés grâce à une légumerie qui valorise ces produits. À Nantes métropole, de jeunes éleveurs bovins sont installés pour approvisionner les cantines et la population tout en préservant les prairies du bord de Loire… L’alimentation est un sujet démocratique. Les discussions locales entre citoyens, élus et agriculteurs sur notre système alimentaire permettent d’atteindre des compromis ».

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