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Observation d’un loup près de Saint-Michel
Un loup a été aperçu en pleine journée à une distance de 300 mètres du village de Saint-Michel, situé au nord-est de Lodève, sur le plateau du Larzac. Ce lundi, un « comité loup » s’est réuni à la préfecture de l’Hérault pour discuter de cette situation.
État des lieux sur la présence du loup
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Le loup est toujours bien présent dans l’Hérault, se concentrant dans quatre zones rurales isolées au nord du département, mais sans formation de meute. Ce constat a été établi lors de la réunion du « comité loup », qui s’est tenue ce lundi 28 octobre 2024 à Montpellier, sous la direction du préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch.
Cette réunion était particulièrement pertinente, car un loup a été photographié le 22 octobre dernier dans la commune de Saint-Michel, à proximité de Lodève, près du Caylar. L’animal a été vu à 300 mètres des habitations et des troupeaux de moutons, ce qui a été confirmé par des indices trouvés sur place. Il semblerait que ce loup soit isolé et en quête de nourriture.
Participants à la réunion
La question de la présence des loups a été abordée lors de cette réunion de travail, présidée par le préfet et rassemblant de nombreux acteurs : la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 34), l’Office français de la biodiversité (OFB), ainsi que des syndicats agricoles et des représentants élus, parmi lesquels figurait Sophie Pradel, maire de Saint-Michel et éleveuse de brebis.
Engagement des autorités
« C’est un sujet de grande importance dans l’Hérault, surtout dans les zones rurales influencées par l’élevage. L’État s’engage à apporter des garanties conformément au plan national loup : une transparence totale sur la présence du loup, une analyse rigoureuse des indices relevés sur le terrain, ainsi qu’une réactivité des services de l’OFB en matière de constatations et d’indemnisation liées aux incidents de prédation. De plus, il y a un échange constant avec les départements voisins, comme le Tarn, l’Aveyron et le Gard, car le loup ne connaît pas de frontières », a déclaré le préfet.
Chiffres sur les loups en France
La préfecture a partagé des données clés : le nombre de loups estimé au niveau national se situe entre 1 003 et 1 100 individus, avec 71 indices collectés depuis le 1er janvier 2024, dont 28 ont été retenus et quatre loups confirmés dans le département, répartis sur quatre zones : les massifs du Caroux, du Somail, de la Montagne Noire et le plateau du Larzac. « L’État réaffirme sa volonté de protéger les éleveurs touchés par la prédation des loups, dont la présence varie selon les territoires », a ajouté François-Xavier Lauch.
Une meute dans le Luberon
Dans le Vaucluse, des observations d’une meute ont été rapportées à plusieurs reprises au cœur du massif du Luberon. Une habitante d’Apt, une ville de 12 000 habitants, a récemment témoigné d’une scène surprenante. En promenant son chien près d’un lotissement, celui-ci a commencé à aboyer dans une direction. En s’approchant, elle a vu deux loups s’enfuir. Elle est formelle, il ne s’agissait pas de chiens. Les chasseurs qui traquent les sangliers dans le Luberon n’ont pas été surpris, car ils ont déjà observé au moins cinq loups ensemble sur le plateau d’Apt, avec des traces et des excréments à l’appui.
Ces chasseurs affirment que cette meute a établi son territoire dans une zone boisée et isolée, chassant ainsi les sangliers et d’autres animaux, comme ils l’ont noté.
Prélèvements de loups
Le quota de « prélèvements » est fixé à 209, représentant environ 20 % de la population. En 2024, 174 loups ont déjà été abattus. Dans le département, l’indemnisation pour les éleveurs concernés a atteint un total de 10 000 €. « La principale dépense consiste à aider les éleveurs à acquérir un chien de protection pour le troupeau, comme un patou, et à installer des clôtures. Pour le département, cela représente un coût de 66 000 € en 2024 », a précisé le sous-préfet de Lodève, Eric Suzanne, qui est le référent ruralité dans l’Hérault, ajoutant que cela inclut l’achat, les soins et l’éducation des chiens.
Attaques récentes sur des ovins
Malgré tout, la menace du loup demeure présente : le 22 septembre dernier, quatre ovins ont été tués et dévorés, tandis que huit autres ont été blessés dans la commune voisine de Saint-Maurice-Navacelles. L’OFB n’a pas confirmé officiellement le lien entre ces attaques et la présence d’un loup un mois plus tard, même si c’est un de leurs dispositifs photographiques qui a capturé l’image de l’animal. Des enquêtes sont en cours pour établir la véracité de ces faits.
« Le refus de l’OFB de reconnaître la présence de loups, malgré les photographies et les preuves tangibles comme les traces et les blessures sur les ovins, devient épuisant. C’est difficile à accepter, et cette attitude des agents de l’État complique encore davantage la situation dans laquelle nous nous trouvons. La perte de nos animaux est un fardeau pénible à porter », a déclaré un éleveur de l’Hérault, visiblement frustré.
Découverte d’un cadavre de louveteau
Selon les informations de la préfecture, bien que la présence des loups augmente en France, le nombre de prédations semble diminuer dans l’Hérault. En été 2022, un louveteau a été retrouvé mort dans la commune des Rives, à la limite du Larzac aveyronnais, ce qui pourrait indiquer qu’un couple a trouvé refuge dans la région. Quoi qu’il en soit, cela constitue au moins une preuve que le canis lupus fréquente les collines au nord de Montpellier.