Montrer les sections Cacher les sections
Un conflit de voisinage qui dégénère
Dans un lotissement de Lattes, au sud de Montpellier, un conflit de voisinage a pris une tournure dramatique. Des coups de feu ont été tirés, ce qui a entraîné des conséquences judiciaires. Voici l’histoire de cet événement.
Une intervention de la police nationale
Le lundi 15 juillet 2024, la police nationale du commissariat de Montpellier est appelée à intervenir dans le lotissement Plan des Aramons, situé au hameau de Boirargues, à Lattes. Un résident signale que la veille, l’un de ses voisins a tiré délibérément sur lui, sa femme et ses enfants avec une carabine à plomb, avant de tirer à nouveau des plombs dans la rue et d’appeler la police.
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
À leur arrivée, les policiers sont informés par l’appelant que, entre-temps, le voisin en question a proféré des menaces en criant « Allah Akbar ». Ils se rendent chez le voisin suspecté où sa compagne leur apprend qu’il est parti. Ils découvrent alors une boîte remplie de plombs dans la pièce d’où les coups de feu ont été tirés, ainsi qu’une vide de 12 plombs.
Trois vidéos témoignent des faits
Pendant la nuit, le suspect retourne chez lui et est interpellé en douceur le mardi 16 juillet à 8h. Une perquisition de son appartement est effectuée immédiatement, ce qui permet de saisir une carabine à plomb de type Pioneer, dont le canon est plié. Les voisins visés remettent aux enquêteurs trois vidéos réalisées avec un téléphone portable. Deux d’entre elles montrent plusieurs détonations, mais sans que l’on puisse apercevoir le tireur. Sur la troisième vidéo, un incendie dans un pavillon mitoyen est découvert.
-
Près de Montpellier. Lattes : pourquoi il est interdit de se baigner et de pêcher dans le Lez
Les témoignages des voisins victimes indiquent que le suspect les avait déjà menacés le 26 juin dernier en brandissant un gros cutter et en proférant des insultes. Lors de sa garde à vue, le voisin décrit comme violent et irascible raconte que le conflit avait commencé fin juin à cause d’un autre voisin qui avait coupé une haie mitoyenne sans le prévenir, entraînant des menaces et des insultes de part et d’autre.
Quatre incendies volontaires
En plus du problème de la haie, un tapage provenant d’un chantier sur la voie publique s’ajoute aux tensions. Des ouvriers utilisent un marteau-piqueur, ce qui agace fortement le voisin soupçonné des tirs de carabine à plomb. Selon les ouvriers interrogés par la police, après les avoir insultés et menacés de mort, le suspect leur a lancé des déchets et des bouteilles en verre vides, sans les blesser.
Les témoins rapportent également qu’un autre incident a eu lieu dans ces vives tensions : en plus des travaux des ouvriers dans la rue, des façadiers repeignaient un mur séparant deux propriétés où quatre incendies ont été volontairement allumés.
-
Près de Montpellier. Lattes : le gérant d’un hôtel braqué avec une arme par un couple de voleurs
Lors de son interrogatoire, le suspect nie fermement les tirs, affirmant que sa carabine à plomb n’est qu’un jouet acheté chez un antiquaire et qu’il ne l’utilise que pour tirer sur des boîtes de conserve, jamais sur ses voisins. Il nie également avoir fait l’apologie du terrorisme, reconnaissant seulement les insultes. Concernant les quatre incendies, il avoue avoir simplement brûlé des végétaux dans un baril en fer dans son jardin, ce qui a nécessité l’intervention des pompiers.
Le suspect est remis en liberté après que le parquet de Montpellier n’ait pas retenu les accusations de coups de feu envers ses voisins. Il est jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Montpellier le vendredi 19 juillet 2024, avec la défense assurée par Mes Garance Tursan et Marc Gallix.
- #Justice