Hérault : Les agriculteurs réclament une vie digne de leur travail, au-delà des aides

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Par LocMontpellier

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Mobilisation des viticulteurs à Montpellier

Le 18 novembre 2024, une centaine de viticulteurs s’est réunie à Montpellier, devant la préfecture, pour exprimer leur mécontentement face aux normes excessives, à la concurrence inéquitable et à l’incertitude qui pèsent sur leur profession.

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Ce lundi 18 novembre 2024, une forte mobilisation a été orchestrée dans l’Hérault, réunissant environ cent manifestants à Montpellier, sous l’égide des fédérations départementales de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Ils ont fait entendre un message clair : la profession est étouffée par des contraintes économiques et réglementaires.


Céline Michelon, vigneronne à Villeveyrac, témoigne de la détresse générale : « Nous aspirons à vivre de notre métier. Actuellement, notre existence ressemble à celle des animaux. » Ce cri de désespoir reflète la réalité de nombreux agriculteurs, confrontés à des conditions de travail difficiles, des revenus insuffisants et une pression omniprésente. La viticulture dans l’Hérault, comme dans d’autres régions de France, est au bord de l’effondrement. D’après la FDSEA, 70 % des exploitations agricoles affichent des pertes depuis cinq ans. « Nous sommes prêts à travailler 60 heures par semaine, mais l’impossibilité de vivre de notre métier est insupportable », déclare Cédric Saur, un vigneron de Faugères.

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Des messages de protestation ont été accrochés aux grilles de la préfecture. (©Métropolitain / LP)

La problématique principale réside dans les prix de vente des produits viticoles. Les viticulteurs demandent une revalorisation pour garantir des revenus décents. Ils estiment qu’une augmentation de 15 centimes par bouteille pourrait avoir un impact significatif. Cependant, les prix sont maintenus à la baisse en raison d’une concurrence internationale accrue, exacerbée par des accords tels que le Mercosur. Les manifestants critiquent ces accords qui autorisent l’importation de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes qu’en France : « Pourquoi accepter cela pour les autres si cela ne nous est pas bénéfique ? » Les agriculteurs exigent une harmonisation des normes au niveau européen et mondial : « Nous sommes prêts à respecter toutes les règles, mais uniquement si nos concurrents en font de même. »

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Aides insuffisantes face à une crise persistante

Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, a échangé avec les manifestants et a présenté les mesures de soutien en place. En 2023, 49 millions d’euros ont été alloués à la filière viticole, incluant des aides à l’arrachage (12,8 millions d’euros) et des exonérations de taxes foncières (6,4 millions d’euros). Néanmoins, ces initiatives ne suffisent pas à apaiser la colère des agriculteurs. « Ce que nous désirons, c’est vivre de notre travail, pas de subventions », clame un manifestant. Les agriculteurs considèrent ces mesures comme temporaires et inadaptées face à une crise structurelle qui perdure depuis des années.

Une centaine de producteurs s’est rassemblée devant la préfecture. (©Métropolitain / LP)

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La question de la transmission des exploitations est également préoccupante. « Nous nous interrogeons sur ce que nous laisserons à nos enfants : un héritage ou un fardeau ? », confie une viticultrice. De nombreux jeunes hésitent à reprendre les exploitations familiales, découragés par les incertitudes économiques et des conditions de travail peu engageantes. Après leur rassemblement devant la préfecture, les manifestants se sont dirigés vers la place de la Comédie, en plein cœur de Montpellier. Accompagnés de tracteurs chargés de fumier, ils ont drapé un tissu noir autour de la statue des Trois Grâces tout en affichant leurs drapeaux syndicaux : « Nous voulons rappeler à chacun que l’agriculture française est cruciale pour notre souveraineté alimentaire. »

Vers une réflexion sur l’avenir

Les viticulteurs émettent des demandes claires : l’harmonisation des normes, la revalorisation des prix, un soutien à la restructuration des exploitations et des projets de diversification en adéquation avec les réalités locales. Ils prônent également une collaboration renforcée entre producteurs, distributeurs et consommateurs.

Le préfet a souligné la nécessité de travailler ensemble pour surmonter les défis auxquels la filière est confrontée. Il a mentionné la possibilité de prêts bonifiés pour les exploitations en difficulté et des projets de retenues d’eau hivernales pour assurer l’approvisionnement. Cependant, les agriculteurs demeurent sceptiques : « Nous souhaitons des actions concrètes, pas seulement des promesses. » Cette mobilisation met en lumière une crise profonde dans l’agriculture française, soulevant des questions essentielles sur la façon de garantir la durabilité des exploitations tout en répondant aux défis économiques, écologiques et sociaux. Comme l’a tristement affirmé un manifestant : « Nous produisons pour nourrir les autres, mais aujourd’hui, nous ne pouvons même pas subvenir aux besoins de nos propres familles. »

La colère des agriculteurs ne semble pas prête à se calmer : ce mardi matin, les militants de la Coordination rurale de l’Hérault -CR 34- ont également décidé de descendre dans la rue, envahissant les routes et l’autoroute A9 jusqu’à la frontière espagnole.

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