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La certification Terra Vitis, qui se consacre à l’évaluation des exploitations viticoles sous l’angle du développement durable, connaît une expansion dans la région de l’Hérault.
Actuellement, la certification Terra Vitis est reconnue comme un authentique « label » dans le domaine du vin. Ce dernier est unique en ce qu’il défend trois grands principes du développement durable : l’engagement pour l’environnement, la responsabilité sociale et la viabilité économique. Initiée en 1998 par des vignerons du Beaujolais ayant une vision écologiste, cette certification a su séduire de nombreux producteurs à travers la France, et plus particulièrement dans la région du Languedoc-Roussillon.
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Un processus de la vigne au verre
Actuellement, Terra Vitis compte environ 2.000 membres en France (ce qui représente 5% des vignobles nationaux), dont 1.300 se situent dans le Languedoc-Roussillon (soit 12% des vignes de la région), où le label a pris le plus d’ampleur. Ces statistiques réjouissent Bruno Dura, président de Terra Vitis Rhône Méditerranée et de la cave coopérative des Vignerons du Narbonnais, qui s’est récemment entretenu avec d’autres vignerons au Bistrot Urbain, situé rue Cabanel à Montpellier.
« La certification Terra Vitis est une véritable reconnaissance pour les vignerons. Elle nous permet d’améliorer nos pratiques agricoles grâce à un cahier des charges rigoureux. Ce label couvre l’ensemble de la chaîne de production, nous incitant à adopter des pratiques plus exigeantes et innovantes, de la vigne jusqu’au verre », explique-t-il.
Minimiser l’empreinte carbone
Le cahier des charges de Terra Vitis comprend 80 mesures à mettre en œuvre par les membres. Ce document est adaptable et se met régulièrement à jour avec de nouvelles recommandations. Pour l’année 2023, Terra Vitis a introduit des mesures concernant la consommation d’eau, d’électricité et de carburant, permettant aux adhérents de répondre à des défis environnementaux majeurs. L’objectif est de diminuer les coûts énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre, d’encourager l’utilisation des énergies renouvelables, d’optimiser l’utilisation de l’eau et de récupérer les eaux pluviales, tout en favorisant l’emploi de matières sèches, afin de réduire l’empreinte carbone de chaque viticulteur.
« Cette labellisation ne permet pas réellement de maximiser les profits sur chaque bouteille… Il s’agit avant tout d’agir pour la planète et pour les générations à venir »
La certification constitue un gage de qualité pour les vignerons et les consommateurs : elle atteste du respect des terres, du bien-être des employés et de la viabilité économique des exploitations. En 2024, Terra Vitis a prévu d’ajouter une nouvelle exigence dans son cahier des charges afin de mieux protéger les travailleurs : l’obligation pour les caves de s’équiper de dispositifs anti-CO2 (comme la ventilation des chais et des détecteurs portables de CO2, des appareils respiratoires, etc.) : « Nous voulons éliminer les risques d’accidents mortels dus à l’intoxication au CO2 lors des phases de fermentation », précise Anne-Laure Ferroir, directrice de Terra Vitis.
Vers une bouteille allégée
Un projet d’éco-conception est également en préparation, visant à réduire l’empreinte CO2 des vins, notamment en développant une bouteille dont le poids, actuellement d’environ 500 grammes, serait réduit à 420 grammes. « Cela peut sembler simple à réaliser, mais des études montrent que certains consommateurs sont parfois déconcertés par le poids de la bouteille de 420 grammes, et pour certains, cela évoque un produit de qualité inférieure… C’est une idée fausse, et une partie du travail consistera à éduquer le public sur l’importance de cette nouvelle conception pour diminuer l’empreinte carbone de la filière viticole », souligne-t-il.
Bruno Dura insiste sur le fait que l’engagement dans la certification Terra Vitis repose sur le volontariat : « C’est un processus exigeant et nous subissons des contrôles annuels… En réalité, cette labellisation n’entraîne pas une augmentation significative des bénéfices, entre 2 et 5 % de plus par bouteille », précise-t-il : « Cependant, il est crucial d’agir pour la planète et les générations futures, tout en établissant un lien avec les consommateurs qui recherchent des produits respectueux de l’environnement… À Narbonne, nous avons pu diminuer nos traitements de 20 à 30 % grâce à l’expertise développée ».
Une notoriété en hausse
Le vigneron mentionne une étude de 2023 qui montre que la notoriété du label Terra Vitis n’est actuellement que de 11 % : « Néanmoins, elle est en progression », précise Anne-Laure Ferroir : « La certification Terra Vitis est maintenant citée en troisième position par les consommateurs, derrière HVE (50 %) et le label AB (89 %)… Nous avançons à grands pas, malgré une communication limitée. Toutefois, nous avons été reconnus par plusieurs enseignes, y compris Carrefour, comme une certification de démarche durable… À terme, cela devrait se traduire par un atout pour nos vignerons », espère la directrice de Terra Vitis.
Deux ambassadeurs pour Terra Vitis
Romain Frayssinet, du Moulin de Lène (à Magalas), et Morgane Le Breton, du Domaine de la Jasse (à Combaillaux, près de Montpellier), sont désormais engagés dans la certification Terra Vitis. Ces deux vignerons ont présenté leurs vins labellisés Terra Vitis : l’original « Effervescent de Magalas » et le Mosson Valley River. Le premier, un vin de France savoureux à déguster à l’apéritif ou avec un dessert, est élaboré à partir de Souvignier Gris, « un cépage résistant », précise Romain Frayssinet. Le second est un Chardonnay de grande qualité, « issu de la sélection rigoureuse de nos meilleures barriques de blanc, choisies par nos clients », souligne Morgane Le Breton : « Chaque année, nous ne sortons que 1200 à 1800 bouteilles des fûts ». Et pour rassurer les amateurs : même avec une bouteille de 420 grammes, si le projet se concrétise, ces vins du Languedoc resteront des découvertes de qualité…
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