Violences intrafamiliales : l’État sous pression pour agir, le Département exige des mesures

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Par LocMontpellier

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Le président Kléber Mesquida interpelle l’État

En raison de la diminution du budget alloué par l’État et de l’augmentation du nombre de victimes, le président du Département de l’Hérault, Kléber Mesquida, appelle l’État à assumer ses responsabilités.

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Des efforts considérables pour soutenir les victimes

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Le Département de l’Hérault s’investit avec une véritable volonté dans la lutte contre les violences envers les femmes et les enfants. Bien que la responsabilité de cette politique publique revienne en premier lieu à l’État, le Département a décidé d’initier des actions additionnelles pour un budget annuel dépassant 470 000 euros en 2023. Toutefois, face à la réduction des fonds étatiques et à l’augmentation des victimes, le président Kléber Mesquida appelle à ce que l’État prenne ses responsabilités.

1 347 femmes soutenues depuis 2021

Depuis 2021, le Département a fourni une assistance à 1 347 femmes seules, avec ou sans enfants, investissant au total en quatre ans plus de 12 millions d’euros. Malheureusement, plus de 10 % de ce montant aurait dû être financé par l’État, ce qui n’est pas le cas. Le président Kléber Mesquida exprime son inquiétude face à ce retrait de l’État dans la lutte contre les violences de genre, ce qui force le Département de l’Hérault ainsi que les communes et intercommunalités à prendre en charge financièrement cette responsabilité, entraînant des conséquences graves pour les victimes.

Des actions variées pour le soutien des victimes

En tant que leader des solidarités départementales, le Département doit s’impliquer dans les dispositions d’hébergement d’urgence et de mise à l’abri pour les femmes et les enfants de moins de trois ans, notamment pour ceux qui subissent des violences conjugales et familiales. Ainsi, il est de sa responsabilité d’assister ces victimes, qui nécessitent un soutien matériel et psychologique, surtout lorsqu’elles se retrouvent sans domicile. Selon un protocole de 2017 entre le président du Département et le préfet, les femmes victimes de violences conjugales peuvent bénéficier d’un soutien du Département pour une période maximale de deux mois, en complément des efforts de l’État pour trouver une solution adaptée dans ce laps de temps. Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre dans le territoire héraultais pour répondre aux besoins des victimes :

  • Hébergement en structures : pour un coût total de 793 964€ par an, sept structures d’accueil pour les familles ont été conventionnées par le Département, dont deux sont spécialisées dans l’accueil des victimes de violences (association Gammes, association Habitat jeune Montpellier…) ; ainsi que trois logements et un accompagnement renforcé des familles par la structure Solidarité Urgence Sétoise (SUS).
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  • Hébergement à l’hôtel : face à l’augmentation notable du nombre de victimes de violences conjugales (une montée de 35% en 2020 à plus de 50% en 2023), le Département a financé 13 824 nuits en hôtels pour un budget total de 3 000 000 € par an pour accueillir en urgence les femmes avec enfants.
  • Protocoles de coopération pour l’hébergement des victimes en milieu rural : dans une approche collaborative avec l’État, le Département a établi 13 protocoles de coopération signés avec les communes et intercommunalités, l’État et la gendarmerie, afin de fournir des solutions d’hébergement d’urgence pour les victimes de violences intrafamiliales avec leurs enfants, notamment les nuits et week-ends lorsque les services sociaux ne sont pas disponibles.

Une politique engagée au-delà des obligations légales

Le Département a donc choisi de mener une politique proactive en collaboration avec l’État, y investissant plus de 12 millions d’euros entre 2021 et 2024, dont plus de 10% auraient dû être fournis par celui-ci. Depuis 2021, le Département a également mis en place et co-financé plusieurs mesures, telles que la mise à disposition de six intervenants sociaux en gendarmerie et au commissariat. Ces professionnels offrent un accueil et une intervention adaptés aux victimes de violences au sein des commissariats et des brigades. Ils jouent un rôle d’interface entre les différents acteurs (sécurité, justice, santé et action sociale) pour un accompagnement complet des victimes.

Ces postes sont co-financés par l’État grâce au Fonds Interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) dans le cadre d’une convention triennale (2021-2024). Leur mise en œuvre permet de couvrir les zones de la police dans les commissariats de Montpellier, Sète et Béziers, ainsi que dans les zones de gendarmerie de Béziers, Lodève, Pézenas, Castelnau et Lunel. En 2023, les ISCG ont accueilli plus de 2 000 personnes et ont enregistré une augmentation de 15% de leur activité par rapport à 2022. Cependant, depuis 2023, le Département a constaté un retrait de l’État concernant le financement de ce dispositif, limitant son apport à 33%, laissant le reste à la charge des collectivités territoriales engagées dans cette lutte contre les violences. Actuellement, ces six postes sont financés à 58% par le Département, représentant un coût total de 364 500 € par an et un reste à charge de 247 000 €.

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En outre, l’engagement du Département s’étend aux six Maisons des solidarités, qui offrent un accueil de proximité et un soutien social global aux victimes de violences intrafamiliales. Le Département soutient également de nouvelles initiatives qui renforcent l’accompagnement des victimes et de leurs familles à hauteur de 146 000 € par an, notamment à travers les 49 permanences de conseil juridique et psychologique dans la région. Enfin, il a cofinancé l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes, sexistes et intrafamiliales, lancé en novembre 2022 en partenariat avec l’État et la CAF de l’Hérault.

Dans ce contexte, la question demeure : l’appel du président sera-t-il entendu ?

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