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- Philippe Augé s’inquiète pour l’avenir de l’Université
- Des missions nouvelles sans compensation
- La hausse des coûts énergétiques
- Des mesures financières non compensées
- Une situation budgétaire alarmante
- Une pression financière insoutenable
- Le risque d’une crise profonde pour l’UM
- Un coup dur pour le système éducatif
Philippe Augé s’inquiète pour l’avenir de l’Université
Philippe Augé, à la tête de l’UM, exprime de vives préoccupations concernant le futur de l’université face à la réduction du budget par l’État. Pour l’année 2025, il projette un manque à gagner de 17 millions d’euros. Le président sort de son silence habituel pour faire entendre son inquiétude.
Des missions nouvelles sans compensation
« Depuis plusieurs années, les Universités doivent prendre en charge de nouvelles missions sans que l’État n’assure jamais leur financement complet », déclare le président de l’université montpelliéraine. Il évoque les investissements nécessaires pour la transition écologique, l’accompagnement de l’insertion professionnelle, la gestion de l’inclusion et du handicap, ainsi que la santé des étudiants et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Il mentionne également l’importance de l’implantation des universités dans des villes comme Béziers ou Sète.
La hausse des coûts énergétiques
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Parallèlement, l’Université doit faire face à une augmentation considérable de ses coûts énergétiques, avec un surcoût de 2 millions d’euros par an qui n’est pas compensé. Philippe Augé souligne qu’il faut également prendre en compte les récentes décisions de l’État en matière de ressources humaines, qui n’ont pas entraîné de compensation suffisante. Cela a pour conséquence de forcer l’établissement à supporter les surcoûts des augmentations salariales.
« L’État doit prendre ses responsabilités et ne pas laisser les opérateurs financer les décisions qu’il prend. »
Des mesures financières non compensées
« Les mesures indiciaires connues sous le nom de « Guerini » (augmentation de 3,5 % en 2022 et de 1,5 % en 2023) engendrent une charge de 7 millions d’euros pour l’UM en 2024, qui sera reconduite l’année suivante. À cela, il faut ajouter les coûts d’autres dispositifs mis en place par l’État, tels que le forfait mobilité durable et l’indemnité pour télétravail, ce qui représente un surcoût de 3 millions d’euros en 2024, également reconduit pour 2025 », explique Philippe Augé.
Une situation budgétaire alarmante
Le président de l’UM est dans une situation préoccupante : « Pour 2025, l’ensemble des mesures que l’État n’a pas compensées dépasse déjà 12 millions d’euros. Jusqu’à présent, l’université de Montpellier a pu amortir les effets de ces dépenses supplémentaires grâce à un bon niveau de ressources propres et une gestion stricte. Cependant, il est crucial de rappeler que l’État doit prendre en charge ses décisions et ne pas laisser le financement de ses choix à ses opérateurs. Le payeur, c’est l’État ! »
Une pression financière insoutenable
Malheureusement, la situation ne semble pas s’améliorer. Philippe Augé, tout comme ses collègues présidents d’université, a récemment reçu une autre nouvelle défavorable : « Le Gouvernement a annoncé une augmentation des cotisations pour le régime de retraite des fonctionnaires, sans compensation, entraînant un surcoût supplémentaire de 5 millions d’euros. En somme, nous en sommes donc déjà à 17 millions d’euros non compensés pour le budget 2025, une charge qui met l’université en grande difficulté et affecte considérablement ses réserves. »
Le risque d’une crise profonde pour l’UM
Les réserves financières, ou « fonds de roulement », ne doivent pas être considérées comme des « trésors de guerre », insiste Philippe Augé. « Elles résultent d’une gestion rigoureuse et saine, qui permet à l’université de réaliser des projets ambitieux au service de ses étudiants et de son personnel. Si nous sommes contraints d’utiliser massivement nos réserves, cela pourrait mener à une asphyxie totale de l’université », prévient-il.
Un coup dur pour le système éducatif
Philippe Augé déplore également le « désengagement progressif de l’État », qui contraindra les universités à ralentir leurs initiatives, notamment dans la rénovation de bâtiments, le soutien à l’innovation, la recherche et les investissements pédagogiques. « Alors même que les universités françaises se sont distinguées ces dernières années dans les classements internationaux, cette situation représente un coup dur pour ceux qui s’engagent quotidiennement dans nos établissements, mais aussi pour le rôle d’ascenseur social que jouent les universités et leur contribution au développement économique local ainsi qu’à l’attractivité de l’enseignement supérieur et de la recherche en France », conclut le président montpelliérain.