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- Un projet controversé : le Contournement Ouest de Montpellier
- Où en est-on dans le projet ?
- Les expropriations : un sujet délicat
- Les enjeux financiers des expropriations
- Échéance des procédures d’expropriation
- Impact des recours juridiques
- Les critiques de l’étude d’impact environnemental
- Récupération politique des critiques
- Les élus locaux et leur influence sur le projet
- Le rôle des collectivités dans le projet
- Les élections municipales et l’avenir du COM
- Perception des habitants sur le COM
- Un métier en évolution
- Une communication nécessaire
Un projet controversé : le Contournement Ouest de Montpellier
Attendu par de nombreux citoyens et critiqué par d’autres, le Contournement Ouest de Montpellier suscite encore de vives discussions. En tant que responsable de ce projet, Salvador Nunez reste déterminé à mener à bien les différentes phases tout en respectant le calendrier prévu.
Où en est-on dans le projet ?
Nous sommes actuellement dans la phase préliminaire, qui consiste à affiner les aspects techniques. À partir de l’année prochaine, nous entrerons dans la phase de projet, où nous préparerons la sélection des entreprises qui réaliseront les travaux. Concernant l’aspect foncier, une enquête parcellaire a été effectuée avec un résultat favorable et des recommandations que j’ai mises en œuvre dès que possible. Nous avons également entamé le processus d’expropriation, conformément à la législation, afin de garantir la disponibilité des terrains pour la construction. Certains estiment qu’il aurait été préférable de prolonger les discussions à l’amiable. Bien sûr, le dialogue est toujours possible, mais si j’attends indéfiniment les négociations sans certitudes, je ne pourrai pas gérer le projet dans les délais impartis. Plus de 70 % de la population souhaite que ce contournement soit opérationnel dans les cinq ans à venir*. Mon équipe et moi faisons tout notre possible pour respecter cette demande, car il est essentiel pour ceux qui ont besoin de cette infrastructure de diminuer leurs temps de trajet.
Les expropriations : un sujet délicat
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Ces expropriations touchent tout de même 134 propriétaires privés sur un total de 397. Sur les 120 hectares concernés par le projet, environ deux tiers sont des terres publiques, tandis qu’un tiers appartient à des privés. Ces expropriations concernent donc ce dernier tiers. Je tiens à rappeler que le COM est initié par l’État et s’inscrit sur une route existante. Nous ne créons pas une nouvelle route à fort impact foncier, mais réaménageons un axe déjà en place. Je comprends que cela puisse être difficile pour certains de se séparer de leurs biens, mais il s’agit d’un intérêt public. Ce n’est pas Vinci qui mène le projet, même si ASF en fait partie, mais bien l’État. Les opposants présentent les choses d’une manière biaisée, et il est important de rappeler que Vinci ne se limite pas au COM. Mon approche privilégie toujours le dialogue, mais si un accord amiable n’est pas possible, je dois engager une procédure légale. Toutefois, cela n’exclut pas la possibilité de continuer les discussions jusqu’au jour de l’audience, où un accord peut encore être trouvé. Dans cette période délicate, ma priorité est d’agir avec équité, en traitant tout le monde de manière égale, qu’il soit un petit ou un grand propriétaire. Cela peut ne pas plaire à tout le monde, mais je ne changerai pas d’approche.
Les enjeux financiers des expropriations
La question du montant proposé lors des expropriations peut également susciter des interrogations. Dans une négociation entre deux particuliers, chacun peut convenir d’un prix. Mais en tant qu’entité publique, je suis contraint de respecter les règles et d’écouter attentivement tous les propriétaires, qu’ils soient riches ou moins fortunés. Si je ne respectais pas cela, je risquerais de manquer à mes obligations professionnelles. Dans le cadre d’un projet d’État comme le COM, c’est le service des Domaines, relevant du ministère des Finances, qui évalue les biens à acquérir. Nous indiquons ce que nous souhaitons acheter, et eux déterminent sa valeur. Dans un souci d’équité, j’essaie de discuter avec ce service et, parfois, nous proposons un montant supérieur lorsque nous sommes convaincus, grâce à notre expertise, que cela en vaut la peine. En cas d’expropriation, le rôle du juge n’est pas de décider si nous avons besoin du terrain pour le COM, mais de s’assurer que le montant proposé est juste et, le cas échéant, de l’ajuster.
Échéance des procédures d’expropriation
Nous prévoyons d’achever cette procédure d’acquisition foncière d’ici le milieu de l’année prochaine, si tout se déroule comme prévu. Un autre aspect important concerne les acquisitions foncières nécessaires pour réaliser les mesures compensatoires environnementales. Nous devons démontrer aux services de l’État que nous sommes en mesure d’acquérir toutes les surfaces nécessaires pour obtenir l’autorisation de commencer les travaux. Pour ce faire, nous quantifions l’impact du projet sur les milieux naturels, ce qui nous oblige à compenser par l’acquisition de terrains. Nous procédons à des recherches foncières et les écologues nous indiquent si ces terrains répondent à nos besoins. Si tel est le cas, nous entamons des négociations amiables et, une fois le terrain acquis, nous le transférons à un Conservatoire des Espaces Naturels ou à une commune pour qu’ils y mènent leurs projets. Nous allons au-delà des exigences en matière de compensations environnementales, comme en témoignent nos initiatives pour l’A709, où nous avons notamment introduit l’agropastoralisme dans le massif de la Gardiole, une pratique disparue depuis cinquante ans !
Impact des recours juridiques
Bien que nous ayons reçu les autorisations administratives nécessaires, plusieurs recours, dont deux sont actuellement en cours, se sont manifestés. Quel est leur impact sur le projet ? Pour être franc, je dirais qu’ils n’ont aucun impact. Sur le plan juridique, ces recours ne suspendent en rien nos actions. À aucun moment, ces recours n’ont entravé notre avancement ni réduit nos efforts pour progresser. Nous maintenons une activité juridique active pour répondre à ces recours. Je ne suis pas du genre à me plaindre des recours. Si un jour un jugement nous ordonne de suspendre le projet, nous nous plierons à la décision, car nous sommes dans un État de droit, et je respecte cela.
Les critiques de l’étude d’impact environnemental
Récemment, l’association The Shifters a remis en question l’étude d’impact environnemental, en arguant que le trafic induit n’a pas été pris en compte. C’est presque un débat philosophique, n’est-ce pas ? Je suis ravi que vous souleviez ce point. Nous avons collaboré avec des experts tant internes qu’externes, et cela constitue le cœur de mon métier. L’analyse des Shifters repose sur l’idée que nous aurions « oublié » l’effet du trafic induit, ce qui est une affirmation erronée. Tout d’abord, cette étude n’a pas été réalisée par Vinci, mais par la DREAL. Ensuite, je vous recommande de consulter une note du CEREMA qui décrit le trafic induit, ses modalités d’application et précise qu’il s’agit d’une théorie controversée. Pour des projets de moins de 25 km, son effet est considéré comme mineur. Ici, nous avons un projet de 6 km, et nous réaménageons une route existante, pas une nouvelle infrastructure. En revanche, pour une nouvelle route, il pourrait y avoir des phénomènes non anticipés. Toutefois, cela ne s’applique pas dans notre cas. Les Shifters avancent des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité, et cela soulève des questions sur la rigueur scientifique de leur approche.
Récupération politique des critiques
Ce qui me choque le plus, c’est la désinformation. Nos experts estiment que le trafic induit pourrait n’être que de 1 à 2 %. De plus, ils ne tiennent pas compte du fait que le COM permettra de réduire le trafic dans le centre de Montpellier. L’objectif est de rediriger le transit intra-montpelliérain pour réduire la circulation sur l’avenue de la Liberté, ce qui contribuera à diminuer la pollution sur cet axe.
Les élus locaux et leur influence sur le projet
J’ai remarqué dans la presse que des élus de la Métropole ont demandé à Michaël Delafosse de lancer une mission d’information sur les projets routiers, y compris le COM. Si mon expertise est sollicitée, je demanderai l’autorisation de mon président pour y répondre. Cependant, je trouve cela surprenant, car ces élus sont déjà informés sur le projet. Une mission d’évaluation mobiliserait des fonctionnaires pour préparer des questions et rédiger des rapports. Ne croyez-vous pas qu’ils ont d’autres priorités ?
Le rôle des collectivités dans le projet
Un élu local a toujours un intérêt à faire avancer le projet sur son territoire. En 2020 et 2021, des personnalités politiques telles que la Présidente de Région et le Président de la Métropole ont plaidé auprès de l’ancien Premier ministre, Jean Castex, pour défendre la réalisation du COM. De ce fait, il s’agit d’un projet d’État géré par l’État lui-même, avec son concessionnaire, ASF. Nous collaborons avec la Métropole sur les aspects techniques, mais celle-ci ne finance pas le COM, ni aucune autre collectivité d’ailleurs. Les collectivités ont récemment demandé une voie de bus sur l’ensemble du COM, ce qui a été accepté. Je suis ici pour mettre en œuvre ce qui nous a été demandé. Le discours ambiant laisse entendre que Vinci, ou même Nunez, a le pouvoir de changer quoi que ce soit, mais c’est l’État qui a cette prérogative.
Les élections municipales et l’avenir du COM
À l’approche des élections municipales, certains candidats pourraient promettre d’interrompre le COM s’ils sont élus. Je tiens à préciser que je ne suis pas ici pour défendre le COM à tout prix. Je ne suis pas le responsable de sa réalisation, c’est l’État qui détient cette capacité d’arrêt. Une collectivité peut exercer des pressions, ce qui s’est déjà produit. Cependant, c’est aux Montpelliérains de décider de ce qu’ils souhaitent réellement. Pour ma part, je me consacre à mon travail avec conviction. Les retours que je reçois depuis plus de deux ans, lors de mes rencontres avec les habitants de l’ouest, sont majoritairement favorables au projet. Je ne pense pas que ce soit par affection pour Vinci ou les routes, mais parce qu’ils en ont besoin. Chaque jour, bon nombre d’entre eux passent jusqu’à une heure ou une heure et demie dans les embouteillages, car ils n’ont souvent pas d’autre choix que de prendre leur voiture. Ce problème est fondamental. Bien que des investissements massifs dans le rail et le secteur public soient préconisés, il ne faut pas oublier que, en moyenne, neuf déplacements sur dix se font par la route. Les objectifs à l’horizon 2050 visent à réduire ce chiffre à sept déplacements et demi. Les routes sont essentielles pour permettre à chacun de rentrer chez soi, surtout dans des zones rurales. Le COM répond à cette nécessité. Nous devons également réfléchir à la complémentarité entre le rail et la route lorsque cela est possible. Je trouve l’idée des SERM (Service Express Régional Métropolitain) très prometteuse, et je suis toujours disponible pour collaborer avec les services de la Métropole sur l’intermodalité.
Perception des habitants sur le COM
Nous avons mené un sondage auprès des habitants de l’ouest de la Métropole pendant trois ans, ce qui nous permet de comprendre leurs attentes et de conforter nos élus dans leur décision de soutenir le projet en 2021. Je me souviens d’une citation d’Antonio Machado, un grand écrivain espagnol, qui disait que ceux qui ont l’esprit étroit s’emportent facilement face à des idées contraires. Je pense qu’il est essentiel d’écouter toutes les opinions, même celles qui sont opposées. Je suis ouvert à la critique et prêt à reconsidérer mes décisions si elles sont fondées. La société évolue, et il est crucial d’accepter la diversité des opinions.
Un métier en évolution
Il est vrai que mon métier a beaucoup évolué. Darwin affirmait que les espèces qui survivent sont celles qui s’adaptent le mieux. Il semble que j’en fasse partie. Mon rôle, qui était principalement technique, s’est transformé. Aujourd’hui, je passe beaucoup de temps avec des avocats et des juristes, un aspect que je trouve intéressant, mais qui me fait parfois envisager de changer de voie. Il est difficile de se sentir productif lorsque l’on fait face à tant de critiques, alors que la majorité des habitants soutiennent le COM et souhaitent sa réalisation rapide. Travailler pour eux me motive énormément. Lorsqu’il s’agit de réaliser des infrastructures publiques, il est crucial d’être convaincu que ce que l’on fait répond à un véritable besoin. Je suis persuadé que le COM est une réponse à une nécessité historique oubliée dans les infrastructures de Montpellier et que sa mise en œuvre ne nécessite pas de financement de la part des collectivités locales.
Une communication nécessaire
Je ne pense pas qu’il soit judicieux de choisir la discrétion. Je regrette que si peu de personnes s’expriment. Je ne sais pas faire semblant et je crois que cela serait la pire des solutions actuellement. Éviter les problèmes n’est pas une solution viable, cela ne fait que donner une illusion de maîtrise. Ce qui est fondamental pour moi, c’est le professionnalisme, l’équité et la transparence. Dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on dit, voilà la clé.