Montpellier : Mystère autour de l’incendie dans la résidence d’une nonagénaire expulsée

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Par LocMontpellier

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Un incident troublant à Montpellier

Ce jeudi matin à Montpellier, une expulsion d’une retraitée de 92 ans de son logement a pris une tournure dangereuse : des individus, non identifiés, ont déversé de l’essence dans le hall de la résidence. Heureusement, les auteurs n’ont pas réussi à allumer le liquide inflammable répandu sur le sol.

Une intervention policière massive

À 6h45 le 24 octobre 2024, une forte présence policière, accompagnée d’un commissaire de justice (ancien huissier), a été déployée pour procéder à l’expulsion de la nonagénaire, qui refuse de quitter son logement social qu’elle occupe depuis 23 ans. Une notification judiciaire lui a été remise en mai 2024 concernant sa situation au sein de la résidence Le Point d’Argent, gérée par ACM Habitat, située rue Jacques Bounin, près du Grand M dans le quartier de la Croix d’Argent.

Une situation d’insécurité révélée

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Alors que les agents s’apprêtaient à entrer dans le bâtiment, une odeur forte d’essence a envahi l’espace. Il s’est avéré qu’une grande quantité d’essence imprégnait le hall d’entrée. Les pompiers du Sdis 34 ont été appelés pour sécuriser la zone. En parallèle, une enquête a été ouverte par le Service local de police judiciaire (SLPJ) sous la direction du procureur de la République afin d’identifier les responsables de cet acte.

Un précédent violent

Cette expulsion s’est déroulée dans un contexte moins agité que celle de mai 2023, où la fille de la retraitée, vivant dans un appartement voisin, avait été expulsée après avoir menacé et insulté des témoins avec une barre de fer lors d’une opération policière tumultueuse.

Des allégations de trafic de drogue

Comme l’a rapporté Métropolitain, en se basant sur les déclarations du préfet de l’Hérault, la famille de la retraitée a été visée par des procédures d’expulsion en raison de soupçons récurrents de trafic de drogue. « C’est un juge du tribunal judiciaire de Montpellier qui a confirmé que, après l’expulsion de la fille, le logement de la mère servait de point de deal, et les preuves recueillies par la police et des témoignages de locataires corroborent cette situation », ont déclaré Alain Bauer, directeur général d’ACM Habitat, et l’avocat Gilles Gauer, lors d’une conférence de presse à Port Marianne.

Une situation qui empire

Selon Alain Bauer, « après l’expulsion de la fille en mai 2023, le trafic s’est déplacé vers l’appartement de la nonagénaire et les garages, aggravant la situation pour les habitants, entraînant plusieurs départs. Pour lutter contre cette insécurité persistante, ACM Habitat a condamné deux logements, 17 garages et l’ensemble du sous-sol. Les résidents disposant d’un box peuvent maintenant garer leurs véhicules dans des garages situés dans une autre résidence du bailleur proche. »

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Des mesures de sécurité insuffisantes

Me Gilles Gauer a ajouté que « malgré l’installation d’une caméra de vidéosurveillance dans les parties communes, les dealers continuaient leurs activités, et les caméras étaient souvent vandalisées. Les bandes de surveillance ont été saisies et analysées par les policiers, mais leur intégrité a été compromise. »

Une expulsion justifiée par la justice

Face à ces circonstances et aux infractions documentées, ACM Habitat a résilié le bail de la retraitée, qui a contesté cette décision devant la justice. « Le jugement rendu le 23 mai a été sans appel : le juge a rejeté toutes ses demandes, reconnaissant les faits évoqués par ACM Habitat. Le juge a noté que la retraitée ne pouvait ignorer l’existence de ce trafic, qui avait engendré des nuisances et une insécurité inacceptable pour les résidents. Les guetteurs se trouvaient devant la résidence et dans le hall, tandis que les transactions se déroulaient dans le logement de la retraitée. Ce jugement a ordonné la résiliation du bail et lui a intimé de quitter les lieux immédiatement. Comme elle a refusé, l’intervention de la force publique a été demandée au préfet de l’Hérault le 30 août et accordée pour ce matin », a précisé Me Gauer.

Recherche de solutions sociales

Alain Bauer a indiqué que « tout au long de cette longue procédure, ACM Habitat a collaboré avec les services de l’État pour proposer des solutions sociales à la retraitée. » Selon les informations d’Altémed, la nonagénaire est temporairement logée dans un hôtel après avoir refusé d’être placée dans un Ehpad, en raison de son âge et de sa vulnérabilité, ainsi que dans un appartement T1 proposé par un autre bailleur. Elle pourrait prochainement rejoindre des membres de sa famille.

Un cas sans précédent

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Les responsables d’ACM Habitat et d’Altémed ont souligné le caractère exceptionnel de cette affaire, n’ayant jamais été confrontés à une telle procédure d’expulsion depuis de nombreuses années. L’initiative « Zéro impunité » a de nouveau été mise en œuvre par le bailleur social de la Métropole de Montpellier, avec l’espoir de ramener le calme dans la résidence Le Point d’Argent, qui s’était transformée en lieu de deal, située entre le Grand M et l’avenue Villeneuve-d’Angoulême. Reste à savoir si les dealers vont se déplacer dans les environs.

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