Montpellier : Mobilisation pour les droits de l’enfant contre l’exclusion scolaire

Actualités de la région

comment No Comments

Par LocMontpellier

Montrer les sections Cacher les sections

Mobilisation à Montpellier pour une école inclusive mal conçue

Ce mercredi 20 novembre, un rassemblement se tiendra à Montpellier pour mettre en lumière les défaillances d’une école inclusive mal pensée. Enseignants, élèves et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) s’inquiètent des conséquences de cette politique sur le terrain.

Voir mon actu

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, un rassemblement se déroulera ce mercredi 20 novembre 2024 à 14h devant le rectorat de l’Académie de Montpellier. Les participants exigent l’abandon de l’acte 2 de l’école inclusive, la création de places supplémentaires dans les établissements médico-sociaux, ainsi qu’un statut officiel pour les AESH. Une délégation espère être reçue, bien que le rectorat n’ait pas encore répondu à cette demande.


Sabine Reynaud, enseignante et membre du SNUDI-FO 34, souligne l’importance de cette mobilisation pour faire entendre la réalité : « C’est une occasion cruciale pour confronter les lois aux situations concrètes que nous vivons. » Depuis plusieurs années, le gouvernement met en avant l’idée d’une école inclusive, censée accueillir tous les élèves en difficulté dans des classes normales. Ce concept, bien qu’ayant pour but d’assurer l’égalité des droits, montre ses limites dans la pratique. Les établissements, souvent sous-équipés et mal préparés, ont du mal à satisfaire les besoins des élèves en situation de handicap ou ceux ayant des comportements difficiles.

À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier

La situation dans l’Hérault est alarmante. À la rentrée de 2023, 400 élèves n’avaient pas de place dans un IME (Institut médico-éducatif) ou un ITEP (Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique). À l’échelle nationale, cela représente 24 000 élèves manquant de places en 2024. « Nous plaçons ces élèves dans des classes ordinaires alors que l’environnement scolaire n’est pas adapté, même avec toutes les modifications possibles. Ce n’est pas de l’inclusion, mais une forme d’exclusion scolaire », affirme Sabine Reynaud.

« Nous plaçons ces élèves dans des classes ordinaires alors que l’environnement scolaire n’est pas adapté, même avec toutes les modifications possibles. Ce n’est pas de l’inclusion, mais une forme d’exclusion scolaire. »

Sabine Reynaud
Militante du SNUDI-FO 34

Impact alarmant sur l’environnement scolaire

Les effets de cette politique se font ressentir au quotidien dans les établissements scolaires. Enseignants, AESH et élèves subissent une pression intense. Sabine Reynaud alerte sur la situation : « Les enfants qui devraient être pris en charge dans des structures spécialisées se retrouvent dans des classes standards. Certains tentent de fuir, se mettent en danger, se frappent la tête contre les murs, ou agressent physiquement et verbalement les enseignants, AESH, ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) et leurs camarades. »

Vidéos : en ce moment sur Actu

Les enseignants ne sont pas préparés à gérer ces situations complexes, et les AESH, déjà en nombre insuffisant, ne peuvent fournir un accompagnement adéquat : « Un même AESH se trouve à devoir s’occuper de jusqu’à 12 élèves différents et doit jongler entre les priorités. » Les notifications de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sont censées garantir un droit à une aide humaine pour les élèves en difficulté. Cependant, dans de nombreux cas, ces droits ne sont pas respectés. « Tous ces enfants ayant des notifications pour des aides humaines n’ont en réalité que six heures sur 24 d’accompagnement par un AESH. Le reste du temps, ils doivent se débrouiller seuls avec leurs enseignants. Les parents ignorent souvent les conditions de scolarisation de leurs enfants », déplore l’adhérente au SNUDI-FO 34. Parallèlement, le nombre d’enseignants spécialisés, censés répondre aux besoins particuliers de ces élèves, diminue constamment.

« Tous ces enfants ayant des notifications pour des aides humaines n’ont en réalité que six heures sur 24 d’accompagnement par un AESH. Le reste du temps, ils doivent se débrouiller seuls avec leurs enseignants. Les parents ignorent souvent les conditions de scolarisation de leurs enfants. »

Sabine Reynaud
Militante du SNUDI-FO 34

Conditions de travail des AESH : une réalité préoccupante

Les AESH sont particulièrement affectés par cette politique. Ces accompagnants, pour la plupart des femmes, travaillent à temps partiel, souvent pour un salaire inférieur à 900 euros par mois : « Leurs 24 heures à l’école sont considérées comme un temps partiel, alors qu’elles doivent souvent travailler le mercredi dans d’autres emplois, comme dans la restauration ou l’accueil périscolaire. » Ils revendiquent un statut de fonctionnaire, une reconnaissance de leur travail à temps plein, ainsi qu’un salaire juste. Pour beaucoup, ces demandes sont non seulement légitimes, mais également urgentes.

Location Appartement Montpellier est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire