Montpellier Métropole : Débats et doutes autour de la stratégie Zéro déchet et filière CSR

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Par LocMontpellier

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La filière CSR en question

La Métropole de Montpellier mène actuellement une mission d’informations afin de répondre aux doutes des élus quant aux enjeux écologiques et économiques de la mise en place d’une filière CSR (Combustible Solide de Récupération) pour la gestion des déchets. Cette mission fait suite au report du vote de la délibération de la délégation de service public (DSP) d’Ametyst, la société en charge de la gestion des déchets dans la métropole. Les élus devront se prononcer le 2 avril sur ce choix complexe et important.

Le contexte de la gestion des déchets

Depuis la fermeture du casier de Castries en 2019, la Métropole de Montpellier se retrouve dans une situation compliquée en matière de gestion des déchets. Actuellement, plus de 110 000 tonnes de déchets par an sont exportées via des camions qui parcourent plus de 800 000 km pour être traités dans des sites de décharges ou incinérateurs de la région. Cette situation engendre un coût prévisionnel de 27 millions d’euros en 2024. Face à ce constat, la filière CSR apparaît comme une alternative permettant de réduire les refus produits par l’installation actuelle.

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L’analyse du cabinet d’ingénierie et de conseil

Lors de l’audition, Catherine Marquet, directrice de projet de la société d’ingénierie et de conseil en environnement Antea Group, a apporté son expertise sur le traitement et la valorisation des déchets de la Métropole de Montpellier. Elle a souligné les aspects critiques de la filière actuelle d’Ametyst, notamment l’interdiction prochaine de la production et la valorisation de compost OMR, ce qui entraînera une augmentation des refus à traiter. Selon elle, la mise en place d’une chaudière CSR permettrait de réduire de façon conséquente les refus actuels. Elle a également salué la feuille de route Zéro déchet de la Métropole, qui permettra de réduire les tonnages de déchets de manière significative.

L’appel à projets de l’ADEME

Pierre Vignaud, référent CSR à l’ADEME, a rappelé que la notion de CSR est apparue avec la loi de transition pour la croissance verte en 2015. L’ADEME a lancé un appel à projets en 2016 pour promouvoir les installations de combustion par oxydation. Ces installations, qui produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur, sont soutenues par l’ADEME dans le cadre de cet appel à projets. Cependant, Pierre Vignaud a souligné que la mise en place d’une chaudière CSR induit des complexités techniques et des surcoûts financiers. Il a également précisé que l’ADEME ne soutient que les installations de haut rendement, mettant l’accent sur la production électrique.

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Les risques pour la santé

Les élus écologistes ont soulevé des interrogations quant aux matériaux utilisés dans les CSR et aux potentiels risques pour la santé. Catherine Marquet a souligné que les CSR sont préparés de manière à réduire la pollution des fumées émises lors de la combustion. Elle a également précisé que les normes environnementales pour les chaudières CSR sont très strictes. Cependant, les élus ont insisté sur la nécessité d’avoir des garanties concernant les risques pour la santé.

Le volet financier et l’extension du réseau de chaleur

Les élus ont également soulevé des questions concernant le volet financier de la filière CSR. Ils ont demandé des précisions sur le coût de l’énergie produite par une chaudière CSR par rapport aux autres sources d’énergie, telles que le bois et le biogaz. Ils ont également évoqué la nécessité d’étendre le réseau de chaleur pour optimiser l’utilisation de la chaleur produite par les chaudières CSR. Le président de la Métropole a souligné l’importance de développer le réseau de chaleur et d’espérer obtenir un prix moins élevé pour les habitants.

Les conséquences politiques du débat

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Les élus ont également évoqué les conséquences politiques de ce débat. Certains ont interpellé les élus écologistes sur leur position vis-à-vis de la filière CSR et de la politique Zéro déchet. Ils ont souligné l’importance de trouver des solutions adaptées au territoire et de prendre en compte les besoins énergétiques. Le débat sur la filière CSR se poursuivra jusqu’au conseil de métropole du 2 avril, où les élus devront se prononcer sur la DSP Ametyst.

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