Montrer les sections Cacher les sections
Une convention de santé met le feu au Samu
Une crise profonde a été évitée entre la préfecture de l’Hérault, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, le Sdis 34 et les syndicats Samu de France et la SFMU, la Société française de médecine d’urgence : l’annonce de la signature d’une convention de partenariat entre ces trois entités via les réseaux sociaux a failli tout faire capoter. Voici le récit de cette affaire.
En mai dernier, le préfet de l’Hérault révèle sur les réseaux sociaux qu’avec l’ARS Occitanie et le Sdis 34, l’État vient de signer une convention de partenariat, expliquant que cet engagement commun vise à renforcer les relations partenariales déjà établies, notamment dans le contexte de la gestion de la crise Covid-19.
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
Une première en France
Cette convention signée en présence de plusieurs représentants des entités concernées décline les coopérations dans les politiques de santé pour le département de l’Hérault et notamment les collaborations pour l’aide médicale d’urgence, le soutien paramédical, le maillage territorial, la formation et les situations de crises. Il s’agit d’une première en France.
Le préfet souligne également que des partenariats de qualité sont déjà établis de longue date entre les acteurs du système de santé. Les équipes hospitalières du Samu et les sapeurs-pompiers du Sdis partagent notamment une plateforme commune de gestion des appels téléphoniques depuis dix ans, au centre départemental des appels d’urgence basé à Vailhauquès.
Maillage territorial des Smur
Cette convention permettra de renforcer le maillage territorial des Smur (Services mobiles d’urgence et de réanimation) en mobilisant des sapeurs-pompiers en cas de besoin complémentaire, sur décision du Samu et éventuellement de l’ARS. De même, pour la gestion des urgences médico-psychologiques, le SDIS peut intervenir en renfort, sous la coordination de la Cellule d’urgence médico-psychologique et à la demande du Samu-SAS.
Les responsables nationaux de l’association Samu France ont exprimé leur mécontentement suite à la découverte de cette convention partenariale sur les réseaux sociaux. Ils estiment que cette convention est limite avec la légalité et critiquent le fait qu’elle ait été signée sans l’accord du CHU de Montpellier et du Samu-Sur 34. Ils soulignent également que les Samu sont réglementairement en charge de l’organisation de l’Aide médicale d’urgence, et que les moyens du Sdis en sont des concourants.
Les syndicats demandent que cette convention soit amendée pour y porter des précisions et exigent que le Samu 34 y soit associé en qualité de co-signataire. Ils préviennent que si leurs demandes ne sont pas prises en compte rapidement, le monde de l’urgence réagira avec force.
L’ARS Occitanie a répondu à cette polémique en affirmant que la convention sera soumise à la signature du Samu 34 et en soulignant que son objectif est de renforcer l’efficacité de l’action commune tout en respectant les cadres réglementaires en vigueur et la place de chaque acteur de la chaîne de secours et soins d’urgence.
La situation semble donc s’apaiser, mais il faudra attendre de voir si les demandes des syndicats seront prises en compte dans la version finale de la convention.