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Un sanctuaire pour les chevaux maltraités
Le problème de l’abandon des animaux en période estivale est un problème récurrent. Selon la SPA, près de 17 000 animaux ont été abandonnés dans les refuges en France entre mai et août 2023. Bien que les chiens, les chats et les nouveaux animaux de compagnie soient les plus touchés, les chevaux ne sont pas épargnés.
Le village de Saint-Brès, dans l’Hérault, abrite depuis 2020 un refuge unique en son genre. Ce sanctuaire offre une retraite paisible et digne aux chevaux en fin de vie victimes de maltraitance ou de négligence. Pour comprendre l’importance de ce lieu et son impact sur les animaux qu’il accueille, il faut plonger dans son histoire et sa mission exceptionnelle.
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Le refuge de Saint-Brès a été officiellement fondé en 2020, mais son histoire remonte à plus de dix ans. Depuis tout ce temps, la famille à l’origine du projet accueille des chevaux en fin de vie. C’était un sujet qui les touchait personnellement, explique Julien Rusch, co-fondateur du refuge avec sa compagne Sophie Gaborit. Ce refuge n’est pas seulement un lieu d’accueil, c’est un sanctuaire où chaque cheval reçoit des soins attentifs et adaptés à ses besoins.
La mission principale du refuge est d’accueillir les chevaux en fin de vie, ceux pour qui il n’y a plus d’autres options. L’objectif est de les protéger et de leur offrir une fin de vie digne dans de bonnes conditions, avec tous les soins nécessaires, jusqu’à leur dernier souffle. Contrairement à d’autres structures, il n’y a pas de replacement ici. Le refuge est le dernier rempart pour ces animaux souvent âgés de plus de 20 ans, qui ont subi des années de service ou de souffrance.
« L’idée, c’est de les protéger, de les amener en fin de vie dans de bonnes conditions, avec tous les soins nécessaires, et ce jusqu’à leur dernier souffle »
Chaque cheval qui arrive au refuge a souvent une histoire tragique. Ce sont généralement des chevaux avec des pathologies particulières, explique Sophie Gaborit. Le refuge ne peut accueillir tous les chevaux dans le besoin, il faut donc choisir ceux qui sont le plus touchés. De plus, il est important de s’assurer que le refuge a les moyens financiers de les prendre en charge sans mettre en péril ceux qui sont déjà présents. Le refuge fonctionne grâce à une quinzaine de bénévoles qui se relaient matin et soir pour s’occuper des 26 pensionnaires.
« On veille toujours à ce que, quand on en prend un, on ait la capacité financière de le faire, parce qu’il ne s’agit pas de mettre en péril ceux qui sont déjà sur site »
Parmi les pensionnaires les plus emblématiques du refuge, on trouve Mistral, qui a mis un an et demi à reprendre des forces après être arrivé dans un état de maigreur extrême. Il y a aussi Cabaret, un ancien cheval de course qui a remporté 250 000 euros avant d’être abandonné en raison d’un problème de santé. Ces histoires témoignent de la réalité souvent difficile à laquelle sont confrontés les équidés après des années de service.
Dès leur arrivée, chaque cheval reçoit des soins complets, y compris une visite vétérinaire, un traitement dentaire, des soins des sabots et une prise de sang. Ce processus est progressif pour éviter toute complication, comme les coliques, qui sont fréquentes chez les chevaux mal nourris.
Des défis quotidiens et des ressources limitées
Le refuge doit faire face à de nombreux défis, notamment financiers. Le coût des soins pour les chevaux en fin de vie est élevé, ce qui limite la capacité des propriétaires à en prendre soin. C’est pourquoi de nombreux propriétaires se tournent vers des associations pour trouver une solution. Cependant, ces associations sont souvent débordées et ne peuvent pas accueillir tous les chevaux dans le besoin. Le refuge de Saint-Brès intervient dans les cas d’urgence signalés par la police municipale ou les gendarmes, même s’il manque d’espace et de ressources financières.
Le financement du refuge repose principalement sur les dons, les legs, les parrainages et les adhésions. Les événements organisés sur place et les contributions financières sont essentiels pour maintenir le refuge en vie. Avec seulement 1 000 euros de financement annuel de la part de la municipalité de Saint-Brès, le refuge dépend de la générosité des donateurs pour subvenir aux besoins des chevaux.
Malgré les difficultés, le sanctuaire pour équidés de Saint-Brès continue à remplir sa mission avec détermination et compassion. Pour les fondateurs, prendre soin d’un cheval jusqu’à la fin de sa vie est aussi important que prendre soin d’un chien.