Hérault : Philippe Sebag d’Alliance, « Un Policier, Toujours un Policier »

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Par LocMontpellier

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Un départ à la retraite après une carrière exemplaire

Après avoir consacré plus de 37 ans à la police nationale et à son syndicat Alliance Police nationale, Philippe Sebag, actuellement chef du Renseignement territorial -RT- à Sète, s’apprête à prendre sa retraite. Cet officier, qui détient le grade de Major Responsable de l’unité locale de police -Rulp-, quittera ses fonctions le 1er février 2025. En tant que secrétaire national d’Alliance Police nationale, il va rendre son uniforme ainsi que son arme de service, marquant ainsi la fin d’un parcours professionnel riche en événements. Il a toujours fait preuve d’un dévouement sans faille pour cette institution.

Une mission de commandement en pleine évolution

Philippe Sebag explique que le poste de Major Responsable d’unité locale de police a été instauré en 2004 dans le cadre d’une réforme des corps et carrières, remplaçant ainsi les lieutenants de police lors de la diminution du corps des officiers. À l’approche de sa retraite, il se prépare à recevoir les insignes de Chevalier dans l’Ordre national du mérite, le 9 novembre 2024, à Servian. Cependant, il ne peut s’empêcher de dénoncer les conditions difficiles au sein de la police nationale.

Une situation alarmante pour les policiers

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Face à un constat préoccupant concernant la situation des policiers, Philippe Sebag tire la sonnette d’alarme : « Les policiers souffrent, désespérés par la politique des chiffres et la réforme de la justice. Ce sont les policiers et les victimes qui paient le prix fort de ces réformes », souligne-t-il. Il a accepté de répondre à quelques questions, en raison de la complicité que nous avons développée durant mes années en tant que reporter régional à Midi Libre.

Un bilan partagé de sa carrière

Métropolitain : Tu t’apprêtes à partir à la retraite en tant que major Rulp 4ème échelon après une carrière bien remplie, notamment en tant que fervent représentant du syndicat Alliance Police Nationale. Quel bilan tires-tu de tes actions et quelle analyse fais-tu de la situation actuelle ?

Philippe Sebag : En cette fin de carrière, je ressens des émotions contradictoires. J’éprouve un profond attachement pour ce métier et un respect immense pour tous ces hommes et ces femmes qui se consacrent avec bravoure à la sécurité de notre pays. Cependant, je ressens également une grande déception et un certain pessimisme face à l’évolution de la société, marquée par la montée du narcotrafic et les menaces terroristes liées à un islam radical qui accompagne une immigration incontrôlée. La dangerosité croissante des criminels met les policiers dans une situation inquiétante, où ceux qui sont censés protéger la population se retrouvent en péril. L’influence politique, qui transforme la police en un outil d’ajustement pour satisfaire l’opinion publique, aggrave encore cette situation. Comment se fait-il que des élus osent critiquer les forces de l’ordre et les traiter de meurtriers ? Un jour, ils sont vus comme des héros, et le lendemain, comme des pestiférés. Cela ne devrait pas être toléré dans notre République. La police a pour mission de garantir la tranquillité publique et de défendre tous les citoyens sous l’autorité judiciaire. Je déplore également un mouvement vers une institution plus rigide, engluée dans des considérations de chiffres et de bilans internes, ce qui nuit à la cohésion et au sens de son action.

Le narcotrafic en pleine expansion à Sète

En tant que responsable du Renseignement territorial à Sète, tu observes une intensification du trafic de drogue dans la région. Est-ce une tendance inquiétante ?

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La situation liée au narcotrafic est effectivement alarmante. Dans notre département, tout comme à Sète, le phénomène s’est aggravé, malgré les efforts de la police. Nous avons évolué d’un simple trafic local à des réseaux alimentés par des bandes organisées, notamment celles de Marseille. La guerre pour le contrôle des territoires s’intensifie, et l’Île de Thau attire de plus en plus les narcotrafiquants. Il est maintenant impératif de mettre en place une organisation judiciaire spécifique, avec des moyens adaptés. La collaboration entre police et justice est essentielle pour que la réponse pénale soit à la hauteur de l’engagement des policiers sur le terrain. Si notre ministre de l’Intérieur actuel prend conscience de la situation, il est crucial que des actions concrètes suivent rapidement les paroles.

Les défis rencontrés dans les commissariats de l’Hérault

En tant que syndicaliste engagé, comment as-tu vécu la réalité au sein des commissariats de l’Hérault, où les directeurs ont changé plusieurs fois ? Quelles difficultés as-tu affrontées avec tes collègues syndiqués pour améliorer le quotidien des policiers ?

Mon engagement en tant que policier et syndicaliste a toujours été axé sur la défense de l’institution policière et de ses agents. J’ai participé à de nombreuses instances et ai accompagné de nombreuses réformes. J’ai rencontré divers responsables, et mon combat pour améliorer les conditions de travail des policiers continue. Malheureusement, cela ne devrait pas être nécessaire, car les policiers devraient être traités avec le respect qu’ils méritent sans avoir à le revendiquer. Malgré certaines avancées, je suis convaincu que les policiers ne sont pas suffisamment valorisés, protégés ou soutenus. Les changements de direction ont souvent été accompagnés d’injonctions gouvernementales paradoxales, transformant ces grands responsables en comptables et statisticiens, les éloignant ainsi du terrain. J’ai heureusement croisé des personnes bien intentionnées, mais je ne peux ignorer que le manque d’effectifs et la surcharge de travail ont conduit beaucoup de mes collègues à l’épuisement et parfois au pire, au suicide. J’ai œuvré sur ces sujets et il est regrettable que nos nombreuses propositions n’aient pas été entendues. Personne ne devrait souffrir au travail, et ces policiers dévoués méritent reconnaissance et gratitude.

Un dialogue parfois difficile avec la hiérarchie

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As-tu eu l’impression que les directeurs étaient réellement à l’écoute ? Quelles sont tes satisfactions en regardant ton impressionnante carrière ?

Être écouté et être entendu sont deux choses différentes. Au cours de mon parcours syndical, j’ai rencontré des responsables qui prenaient en compte nos préoccupations, et parfois des solutions ont vu le jour. Je considère comme une avancée significative le travail que j’ai réalisé sur la protection sociale et la complémentaire santé pour mes collègues. Je continue à œuvrer sur des sujets importants comme le logement, qui reste un défi pour de nombreux agents, surtout dans les grandes villes. La question des retraites a également occupé une part importante de mes préoccupations, et je continuerai à défendre la spécificité du métier de policier, avec ses risques et son usure, pour garantir des droits adaptés. Je quitte la police avec un sentiment de devoir accompli, mais je poursuivrai mon engagement syndical pour défendre mes collègues. Policier un jour, policier toujours ; syndicaliste un jour, syndicaliste toujours.

Une décoration pour honorer une carrière

À seulement trois mois de sa retraite, mais pas de l’Hérault où il continuera de rester en contact avec ses collègues, Philippe Sebag recevra ce samedi 9 novembre à Servian les insignes de Chevalier dans l’Ordre national du mérite. Cette distinction lui sera remise par Pascal Lalle, ancien directeur central de la police nationale et actuel inspecteur général de l’administration au ministère de l’intérieur, en présence du maire de Servian, Christophe Thomas. Ce moment marquera une belle reconnaissance pour plus de 37 années de service au sein de la police.

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