Alimentation durable : Montpellier, le terrain de jeu idéal pour cultiver l’avenir de notre assiette !

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Par LocMontpellier

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Montpellier et sa Métropole : une approche audacieuse de l’alimentation durable

Montpellier et sa Métropole suivent une ligne audacieuse et innovante pour tendre vers la souveraineté et la solidarité alimentaires. Ici, les initiatives poussent.

Un show-room gourmand pour promouvoir les produits locaux

La semaine dernière, la Métropole de Montpellier a organisé un évènement inédit : un show-room gourmand au MIN (le marché-gare) pour permettre aux acheteurs professionnels mais aussi au public de découvrir la richesse des produits locaux, issus directement de l’agriculture de proximité ou transformés par des entreprises artisanales.

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Cet évènement au MIN a aussi permis à deux élues de la Métropole de Montpellier, Marie Massart, déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine pour la Ville de Montpellier, présidente du MIN, et Élisabeth Touzard, maire de Murviel-lès-Montpellier et vice-présidente de la Métropole déléguée à la Transition écologique et solidaire, de faire le point sur l’évolution de la politique locale en faveur de l’alimentation durable.

Des enjeux multiples autour de l’alimentation et de l’agriculture

Un thème transversal au carrefour de multiples préoccupations sur fond de transition écologique : le développement d’une alimentaire durable et saine, le devenir de l’agriculture et l’essor de l’agroécologie, le dérèglement climatique et la gestion de la ressource en eau… mais aussi l’installation de jeunes producteurs, sans oublier la préservation des terres fertiles.

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« En France, la moyenne du Bio dans les cantines plafonne à 6%. À Montpellier, nous sommes déjà à 42% ! Et dans certaines petites communes, comme Murviel-lès-Montpellier, plus de 50% »

Marie Massart

Les deux élues, qui mènent un travail complémentaire, sont plutôt satisfaites des performances du territoire. La Ville de Montpellier a particulièrement bien joué le jeu de la loi Egalim, qui impose au collectivités locales (les mairies gèrent notamment les cantines scolaires) trois grandes orientations : renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits alimentaires proposés aux enfants ; favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous ; et rémunérer les producteurs plus justement.

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Des actions concrètes pour aller plus loin

« Nous avons dépassé les objectifs de cette loi », affirme Marie Massart : « En France, la moyenne du Bio dans les cantines plafonne à 6%. À Montpellier, nous sommes déjà à 42% ! Et dans certaines petites communes, comme Murviel-lès-Montpellier, plus de 50% ». La doublette Ville-Métropole fera bientôt un état des lieux pour mesurer l’évolution et les changements d’habitude. Avec l’ambition d’aller plus loin, en favorisant notamment l’installation de producteurs et la création de filières de transformation, comme celle du pois-chiche.

Un défi face au changement climatique et des opportunités pour de nouvelles filières

« Dans l’Hérault, 1 000 hectares sont consacrés à cette production, mais il y a peu de retombées strictement locales : la production part dans de grosses entreprises de l’agroalimentaire », explique Élisabeth Touzard. Alors pourquoi ne pas soutenir la création d’une filière production-transformation dans le département ? « L’enjeu est d’autant plus important que l’agriculture héraultaise doit aussi s’adapter au changement climatique. Les légumineuses sont justement une filière d’avenir, car peu consommatrice en eau », rappelle l’élue qui soutient une stratégie de filière avec une production agricole « à bas niveau d’impact », où figurent en bonne place les fameuses légumineuses.

« La métropole dispose de 10 000 hectares de terres agricoles dont plus d’un tiers sont aujourd’hui en friche… Nous avons donc une belle marge de progression pour continuer à développer l’agroécologie »

Élisabeth Touzard

Mais pour développer des filières, produire mieux et plus tout en restant qualitatif, il faut aussi s’attaquer aux problèmes des terres agricoles inutilisées. Et les deux élues confirment que la force publique se heurte dans ce domaine à un problème de taille : « Il y a des terres disponibles, mais des agriculteurs préfèrent ne pas vendre ou transmettre en espérant que leurs terres deviennent un jour constructible », concède Marie Massart.

Un constat partagé par Élisabeth Touzard : « La métropole dispose de 10 000 hectares de terres agricoles dont plus d’un tiers sont aujourd’hui en friche », expliquait l’élue à Métropolitain il y a un an : « Nous avons donc une belle marge de progression pour continuer à développer l’agroécologie ».

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Une vision à contre-courant de l’urbanisation

Les deux élues ont aussi voté contre la décision récente de la Métropole d’urbaniser 10 ha de terres agricoles au Sablassou, sur la commune de Castelnau-le-Lez. Nul n’est prophète en son pays, mais la volonté de tendre vers la souveraineté alimentaire est bien là. En octobre 2022, Élisabeth Touzard recevait d’ailleurs la presse sur les terres nourricières du domaine de Viviers, entre Jacou et Assas, où la Métropole a favorisé l’installation de la coopérative Terracoopa, la seule en France exclusivement consacrée au bio.

L’importance de l’alimentation saine pour la santé

Sur ce site, la collectivité a sacralisé les terres agricoles, et 10 hectares sont désormais dédiés à Terracoopa qui gère une ferme partagée où travaillent plusieurs maraîchers, deux productrices de fleurs, une productrice de plantes aromatiques et une formatrice en permaculture. Produire local et de qualité, un enjeu vital pour atteindre cette fameuse souveraineté alimentaire, mais aussi un enjeu de santé : « Les producteurs locaux nous confirment qu’aujourd’hui, les gens mangent moins de légumes », déplore Marie Massard : « Notre action collective doit aussi permettre d’inverser cette tendance avec un effort sur les prix ».  

Montpellier innove et teste la « Sécurité sociale de l’alimentation « 

En janvier dernier, la Ville a lancé un dispositif expérimental : la Caisse alimentaire commune, une sorte de « sécurité sociale de l’alimentation » qui ambitionne de favoriser la démocratie alimentaire et l’accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous, tout en contribuant au développement d’un système alimentaire territorial plus durable.
Le principe est simple : chaque adhérents (ils sont près de 400 aujourd’hui) cotise en fonction de ses moyens (entre 1 et 170 €, voire 200 €) et reçoit chaque mois une enveloppe de MonA (une monnaie numérique créée pour l’occasion) équivalent à 100 euros, quelle que soit la mise de départ, à utiliser dans les points de vente agréés par la Caisse, comme le supermarché collaboratif La Cagette, situé avenue Clémenceau, ou le marché des producteurs des Aubes…  
Une trentaine d’organisations montpelliéraines se sont réunies pour constituer un comité local afin de faire front commun contre le fléau de la précarité alimentaire. Ce projet expérimental, qui sera évalué en fin d’année, n’entend pas répondre à tous les besoins réels du territoire… Son fonctionnement vise à atteindre l’équilibre budgétaire grâce aux cotisations et une enveloppe de subventions publiques et privées de 200 000 €.
À Montpellier, les besoins sont vertigineux. Selon l’État des lieux de l’aide alimentaire réalisée à Montpellier en 2021, dans le cadre de la convention Plan Pauvreté signée entre la Ville de Montpellier, la Métropole et l’État, plus de 10 000 foyers montpelliérains seraient susceptibles de s’inscrire à des programmes d’aide alimentaire. L’avenir dira quel rôle sera amenée à jouer cette innovante Caisse alimentaire commune de Montpellier.

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