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Le 84e congrès HLM réunit les acteurs du logement social à Montpellier
Jusqu’à ce 26 septembre, le 84e congrès HLM de l’Union Sociale de l’Habitat réunit les acteurs du logement social à Montpellier, où la nouvelle ministre du logement est attendue.
Depuis ce mardi 24 septembre et durant trois jours, plus de 20 000 personnes sont attendues au 84e congrès HLM de l’Union Sociale de l’Habitat. Tous les acteurs nationaux du logement social sont ainsi invités à échanger et débattre à Montpellier, au Parc des Expositions, sur les défis et enjeux d’un secteur en crise mais pas abattu comme le souligne son thème principal : « Les HLM, l’innovation en mouvement ».
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Une ministre attendue
Tandis que le secteur de l’immobilier évolue depuis plusieurs années dans une crise permanente, le logement social n’y échappe pas. L’Union Sociale de l’Habitat, confédération des bailleurs représentants 80% des logements sociaux en France, entend profiter de son 84e congrès pour interpeller la nouvelle ministre du logement et de la rénovation urbaine Valérie Létard quant aux difficultés rencontrées et surtout formuler des propositions.
Une crise annoncée
Un crédit accordé qui ne fait toutefois pas oublier que la crise du logement avait été annoncée dans le détail et que des solutions ont été proposées. « Pourtant rien ne s’est passé. Quand le secteur s’est fissuré nous avons fait part de notre colère et de notre engagement pour retourner la situation. Pas de réaction si ce n’est le rappel de quelques mantras libéraux aussi vieillots qu’inefficaces pour relancer l’économie » tonne Emmanuelle Cosse, « Toute la chaîne du logement est en crise et depuis rien n’a été fait pour soutenir le secteur ». Une des principales demande de l’USH reste la suppression de la Réduction de Loyer Solidaire (RLS) imposée depuis 2018 aux bailleurs sociaux pour compenser la baisse de l’Aide Personnalisée au logement (APL). 1,3Md€ par an a ainsi été prélevé par l’État sur les recettes des bailleurs sociaux n’entrant ainsi pas dans le financement de nouveaux logements ou la rénovation.
L’État dans le collimateur de l’USH
Défendant le modèle français des HLM, Emmanuel Cosse balaye les critiques et tentatives d’instrumentalisation politique ou de dévoiement de celui-ci. « Je défends un monde qui a des valeurs et une histoire, qui a un modèle de financement transparent, qui porte notre aventure commune pour plusieurs décennies et qui défend la promesse républicaine. Cet ancrage philosophique dans la France des Lumières, conjugué à notre héritage du paternalisme social, des mouvements ouvriers et de l’État providence d’après-guerre ne nous empêcheront jamais de construire la France de demain » plaide-t-elle en relançant avec volontarisme : « Cette loyauté envers notre histoire n’est pas un frein pour s’adapter au dérèglement climatique, pour répondre au défi démographique du vieillissement, pour chercher de nouveaux produits qui correspondent aux mutations sociales et répondent aux besoins des territoires même les plus éloignés des métropoles ».
« L’optimisme et la volonté »
Quant à la situation politique du pays, Emmanuelle Cosse estime que « ces atermoiements institutionnels sont un profond facteur de désorganisation, d’attentisme et de risque sur nos organisations. Ils pèsent déjà lourd sur les résultats 2024 et assombrissent les objectifs 2025. Souhaitons que ces atermoiements prennent fin rapidement. L’optimisme et la volonté n’est pas une option parmi d’autres mais une hygiène de vie publique et un véritable remède à la mélancolie démocratique ».
Un dernier conseil avant d’envoyer un message décidé à l’ensemble du secteur. Mais pas que… « Le mouvement HLM est un puissant facteur de cohésion sociale, d’égalité républicaine et de dynamisme économique. Il loge la France telle qu’elle est dans sa diversité, il soutient l’assiduité d’un grand nombre de partenaires, il accompagne les territoires, il sécurise l’épargne des Français, il donne aux locataires la possibilité de construire leur vie avec dignité. C’est un outil extraordinaire qui nous a été légué et dont nous préparons l’avenir. Avec toutes nos différences et notre volonté d’agir, d’investir et d’inventer, nous sommes engagés à transformer les logements et les territoires pour offrir une place à chacune et à chacun et refaire société ». Une plaidoirie que partagera certainement Valérie Létard, mais comme l’a dit Emmanuelle Cosse, quelle sera sa marge de manoeuvre ?