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- Témoignage d’un professeur à l’université al-Azhar à Gaza
- Quotidien sous les bombardements
- Conséquences sur les enfants
- Difficultés quotidiennes
- Aides humanitaires insuffisantes
- Difficulté de quitter la Bande de Gaza
- Importance des mobilisations pour le peuple palestinien
- Place de la religion dans la Bande de Gaza
- La paix est-elle possible ?
- Conclusion
Témoignage d’un professeur à l’université al-Azhar à Gaza
Zakaria Shehab, professeur à l’université al-Azhar de Gaza, partage son quotidien avec sa famille dans la Bande de Gaza sous les bombardements de l’armée israélienne. Il vit avec sa femme et ses cinq enfants, dans la ville de Jabalia, au nord de la Bande de Gaza. Après avoir passé quatre ans à Montpellier pour obtenir un diplôme en pédagogie, il est revenu à Gaza en 2017 pour enseigner le français et l’anglais à l’université al-Azhar. Avant notre entretien, il apprenait la destruction de l’établissement où il enseignait. Dans ce témoignage poignant, il évoque le traumatisme des bombardements sur les enfants, la vie quotidienne sous les attaques, les difficultés d’accès à la nourriture et à l’eau, ainsi que les racines du conflit et les conditions nécessaires pour parvenir à la paix.
Quotidien sous les bombardements
La famille de Zakaria Shehab est confinée chez elle, car il n’y a nulle part où aller en sécurité. Les bombardements sont incessants, jour et nuit, et il n’y a aucun endroit sûr dans la Bande de Gaza. Pendant la nuit, l’armée israélienne intensifie les bombardements pour semer la peur et empêcher tout enregistrement de ce qui se passe. La plupart des vidéos des bombardements sont prises pendant la journée. Le matin, Zakaria constate ou entend parler des quartiers qui ont été bombardés. Pour les adultes, cela fait peur, mais au moins ils ont des activités pour s’occuper. Mais la nuit, il n’y a rien à faire à part rester allongé et essayer de dormir. Les enfants ont peur à cause des bombardements incessants, ce qui rend difficile leur endormissement. Ils se réveillent brusquement, les yeux grands ouverts, mettent du temps à reconnaître leurs parents avant de commencer à pleurer et à réagir. Zakaria et sa femme se sentent impuissants face à la souffrance de leurs enfants.
Conséquences sur les enfants
Zakaria témoigne des conséquences des bombardements sur les enfants de Gaza. Son fils Fadi, âgé de 5 ans, a été traumatisé par les bombardements. Il se figeait et mettait de la terre sur ses oreilles à chaque explosion. Après la guerre, Zakaria a découvert que son fils ne parlait pas et avait des problèmes de régression mentale. Il souffre d’agressivité et de troubles du comportement qui ressemblent à l’autisme. Zakaria souligne que ce qui arrive à son fils arrive à des milliers d’enfants de la Bande de Gaza. Selon lui, aucun enfant qui subit les bombardements ne redeviendra jamais normal à la fin de la guerre.
Difficultés quotidiennes
Zakaria décrit les difficultés quotidiennes auxquelles les habitants de Gaza sont confrontés. La recherche de nourriture, de gaz et d’eau est une priorité pour tous les Gazaouis. Cependant, les établissements gouvernementaux manquent de carburant pour faire fonctionner les générateurs des pompes qui fournissent de l’eau aux maisons. De plus, l’accès à la nourriture est de plus en plus compliqué, notamment dans le nord de la Bande de Gaza où il est difficile de trouver de la farine et des produits de première nécessité. Les habitants sont confrontés à une pénurie d’argent, car les banques sont fermées et de nombreux établissements gouvernementaux ont été bombardés, empêchant les gens de toucher leur salaire. Même Zakaria, en tant que professeur d’université, n’a pas touché son salaire depuis deux mois. Il souligne que la situation est encore plus difficile pour les habitants de Gaza qui ont un faible revenu ou qui sont au chômage.
Aides humanitaires insuffisantes
Zakaria explique que l’aide humanitaire n’atteint pas les familles dans le besoin. Avant la guerre, entre 400 et 500 camions d’aide alimentaire et médicale arrivaient quotidiennement de l’Égypte à Gaza. Aujourd’hui, seulement 30 à 80 camions d’aide humanitaire sont autorisés à entrer, et la plupart des produits ne correspondent pas aux besoins réels de la population. Zakaria souligne que la farine est essentielle pour faire du pain, mais elle n’est pas disponible dans de nombreuses régions de la Bande de Gaza. De plus, les aides sont inégalement réparties, certaines régions ne recevant rien. Zakaria critique également le fait que les aides humanitaires sont accompagnées de conditions, comme la vente de sacs de farine à bas prix dans le sud de la Bande de Gaza. Selon lui, les Gazaouis ont besoin d’une aide alimentaire adéquate pour survivre.
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Difficulté de quitter la Bande de Gaza
Zakaria explique qu’il est difficile pour les habitants de la Bande de Gaza de quitter la région. Le gouvernement israélien tente de les pousser à partir en bombardant des lieux de production de nourriture, comme des boulangeries. Officiellement, Israël ne peut pas demander aux Gazaouis de quitter la Bande de Gaza, car cela va à l’encontre du droit international. Cependant, les bombardements et les difficultés économiques poussent de nombreuses familles à envisager de partir. Zakaria souligne que la plupart des Gazaouis n’ont ni les moyens financiers ni les moyens de transport nécessaires pour quitter la région. De plus, toutes les frontières sont fermées. Il critique le fait que les dirigeants occidentaux ne posent pas de questions sur la situation des Gazaouis et ne demandent pas des comptes à Israël.
Importance des mobilisations pour le peuple palestinien
Zakaria souligne l’importance des mobilisations et des manifestations de solidarité pour le peuple palestinien. Il affirme que ces mobilisations sont importantes pour les Gazaouis, car elles leur apportent un soutien psychologique et leur montrent qu’ils ne sont pas seuls. Sur le plan politique, il estime que ces mobilisations peuvent avoir des résultats à long terme, notamment lors des élections. Il souligne également que les Gazaouis ne financent pas ces mobilisations, contrairement à Israël, qui finance de nombreuses associations dans le monde pour défendre sa cause. Zakaria estime que la mobilisation internationale est un moyen de protéger le peuple palestinien et de limiter les pertes et les dégâts.
Place de la religion dans la Bande de Gaza
Zakaria parle de la place de la religion dans la Bande de Gaza. Il explique que la pratique de la religion s’est intensifiée après la Nakba de 1948 et les guerres qui ont suivi. Les habitants de Gaza ont trouvé dans la religion un refuge face à l’occupation et à l’oppression. Cependant, Zakaria souligne que la pratique religieuse varie d’une personne à l’autre et que la mentalité des habitants de Gaza était plus ouverte avant l’occupation. Il souligne également la relation forte entre musulmans et chrétiens en Palestine, où ils sont très amis et ont une relation unique. Zakaria affirme que la religion est utilisée à des fins politiques, mais que c’est à cause de l’occupation et d’Israël qu’il y a cette relation entre la religion et la politique.
La paix est-elle possible ?
Zakaria estime que la paix est possible si les Palestiniens obtiennent tous leurs droits, notamment en termes d’éducation et de circulation. Il souligne que les Palestiniens sont opprimés depuis 1948, et que les accords d’Oslo de 1994 n’ont pas été respectés par Israël. Il critique également le traitement différencié entre Israéliens et Palestiniens, notamment en matière de liberté de circulation. Zakaria affirme qu’il est impossible de vivre au quotidien avec des avions militaires et des drones au-dessus de la tête, et qu’il est donc difficile de se projeter vers un avenir de paix. Il estime que la paix nécessite un traitement égalitaire entre les deux parties et le respect des droits de chacun.
Conclusion
Zakaria Shehab témoigne de la réalité quotidienne des habitants de la Bande de Gaza sous les bombardements de l’armée israélienne. Il souligne les conséquences traumatiques sur les enfants, les difficultés d’accès à la nourriture et à l’eau, ainsi que les manipulations politiques et médiatiques auxquelles sont confrontés les Gazaouis. Malgré ces épreuves, Zakaria reste convaincu que la mobilisation internationale et le respect des droits des Palestiniens sont essentiels pour parvenir à la paix.