Montpellier : Tensions au conseil municipal avec le Parti animaliste, une voix qui compte

Actualités de la région

comment No Comments

Par LocMontpellier

Montrer les sections Cacher les sections

La prise de parole d’Eddine Aritzegui au conseil municipal de Montpellier

La prise de parole d’Eddine Aritzegui au conseil municipal de Montpellier ce mardi 6 février a tranché dans les rangs de la majorité. L’élu du Parti animaliste, délégué au bien-être animal, a rappelé à Michaël Delafosse ses engagements politiques d’entre-deux tours des municipales en évoquant le zoo du Lunaret.

Un enclos pour les lions des cirques

Le débat d’orientation budgétaire est l’occasion pour la majorité d’esquisser dans les grandes lignes le budget de l’année avant sa présentation complète le mois prochain et pour les différents groupes politiques d’exprimer leurs critiques. À ce jeu, la tradition est bien évidemment que ceux de l’opposition démontent les orientations et que ceux constituant la majorité les défendent en faisant valoir leurs poids respectifs quant à leurs formation respective. Rien de bien surprenant pour les observateurs dans ce moment où l’hémicycle se transforme en un congrès d’experts-comptables sur fond de bataille de chiffres, de perspectives et autres projections. La politique, et pas uniquement dans les postures, n’est évidemment jamais très loin. C’est ce qu’a rappelé Eddine Ariztegui lors du conseil municipal de ce mardi 6 février.

Le délégué au bien-être animal a pris la parole au nom du Parti animaliste dont il est l’unique représentant et membre de la majorité donc. Ce fut d’abord l’occasion d’annoncer l’obtention d’une subvention de 575 000€ pour la création d’un enclos à lion provenant de cirques. « La loi du 30 novembre 2021 vise à interdire la captivité des animaux sauvages dans les cirques itinérants. Accueillir des lions de cirque correspond parfaitement à notre politique d’avoir un espace zoologique du XXIe siècle gagnant pour les humains mais aussi pour ces animaux qui bénéficieront d’un refuge et n’auront plus à performer des exercices contre-nature à leur dépens », rappelle-t-il en précisant que la Ville a obtenu le seuil maximal du ministère et que la collectivité va prendre à sa charge 145 000€ pour financer la construction de cette enclos au zoo du Lunaret.

À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier

Au chevet des chauves-souris

Le deuxième point a quelque peu surpris au sein de la majorité. Le délégué au bien-être animal a en effet mis sur la table le sort des 500 chauves-souris déplacées de la serre amazonienne, fermée depuis 2021 suite à une mise en demeure de la Préfecture de l’Hérault en raison de son insalubrité, dans un endroit provisoire et non adapté. Ayant rejeté la solution de les euthanasier, Eddine Ariztegui se démène pour trouver une issue positive. « Depuis des mois, je participe moi-même à la recherche de structures pour essayer de replacer ces animaux en ayant contacté près d’un demi millier d’institutions en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen et au Proche Orient. Cela a permis de trouver des pistes à confirmer pour en placer une centaine seulement. Nous continuerons d’explorer toutes les options jusqu’à les épuiser mais s’il devait rester des chauves-souris, je rappelle que la commune les a fait venir, les a laissé se reproduire et qu’il ne serait pas éthique de choisir la facilité de l’euthanasie » explique-t-il.

Et comme s’il était dans l’opposition, l’élu propose : « La Ville va investir des millions d’euros pour remettre aux normes le zoo et y faire venir des espèces en construisant de nouveaux enclos. La priorité est de sauvegarder les espèces déjà présentes avant d’en faire venir de nouvelles. Je demande à modifier le PPI afin créer un bâtiment adapté pour les chauves-souris non replacées. À l’instar des neuf Français sur dix qui jugent que la protection des animaux est importante, je suis certain que les Montpelliérains n’acceptent pas que l’on trouve une solution pour sauvegarder ces êtres dont nous avons la responsabilité ».

Respect d’un accord politique

La demande pour les chauves-souris réalisée, Eddine Ariztegui a poursuivi ses doléances sur un autre ton. « Comme vous le savez monsieur le maire, un accord politique de l’entre-deux tours des élections municipales prévoit la fin d’achat de produits d’origine animale provenant d’élevage intensif. Rappelons que l’intensif, ce sont les pires souffrances que l’on puisse infliger à des animaux : élevage dans un environnement de type concentrationnaire, amputation à vif, de grandes souffrances à la fois psychologiques et physiques pour ces animaux », rappela l’élu animaliste.

En cause : « Le renouvellement d’un marché alimentaire du zoo nécessite un budget supplémentaire pour ne pas acheter dans l’élevage intensif. Hors, à ce jour, ce budget n’est toujours pas prévu. Ainsi, monsieur le maire, afin que les engagements que vous avez signé avec notre groupe politique puissent être respectés, pourrez-vous demander à l’administration de le valider et ainsi respecter les engagements politiques qui ont été actés ». Le message est passé sans provoquer ensuite de réponse… au sein de l’hémicycle.

Location Appartement Montpellier est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire