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Montpellier : les habitants hors métropole se trouvent aujourd’hui confrontés à un dilemme majeur, celui de devoir payer le prix fort pour se déplacer. Une situation injuste que beaucoup qualifient de « double peine », mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les habitants des zones périphériques en matière de mobilité.
Quand la gratuité devient une fracture territoriale
Depuis le 21 décembre dernier, les transports en commun sont gratuits pour les 500 000 habitants de la métropole de Montpellier. Cette initiative fait de Montpellier la plus grande collectivité d’Europe à adopter cette mesure. Une avancée majeure pour les résidents métropolitains, mais qu’en est-il des autres ? Les habitants hors métropole voient les tarifs augmenter, exacerbant la fracture territoriale déjà existante.
Des hausses de tarifs contestées
À compter du 1er septembre, les tarifs des transports vont connaître une augmentation significative. Le ticket unitaire passera de 1,60 € à 1,90 €, et le carnet de 10 tickets grimpera de 10 € à 15 €. Cette décision, votée par le conseil métropolitain le 9 juillet, a suscité de vives réactions. Alenka Doulain, présidente du groupe Mupes, a notamment dénoncé ces hausses, estimant qu’elles « alimentent la fracture territoriale ».
La double peine pour les non-métropolitains
Pour ceux vivant en dehors de la métropole, la situation est particulièrement pénible. Alenka Doulain souligne que la gratuité des transports profite exclusivement aux habitants du cœur de la Métropole, laissant de côté ceux des territoires voisins. Ces derniers, souvent travailleurs dans la métropole, doivent faire face à des tarifs de plus en plus élevés, tout en continuant de payer le versement mobilité dans leurs entreprises. Une véritable double peine pour ces usagers.
Les réponses de la Métropole
Face à ces critiques, Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole déléguée aux mobilités, rappelle que « toutes les grandes métropoles ont fait évoluer leur grille tarifaire » en raison de l’augmentation du coût de l’énergie et des investissements récents. Elle soutient que la Métropole de Montpellier demeure l’une des moins chères de France pour les non-métropolitains et les touristes, une fois ramené le coût du ticket à l’heure.
Des habitants oubliés
André Broto, spécialiste des mobilités routières, a publié un ouvrage intitulé « Les oubliés de la République ». Dans cet ouvrage, il s’intéresse aux habitants des périphéries ou de la ruralité, qui doivent se déplacer quotidiennement vers les grandes villes. Ces trajets intermédiaires, souvent effectués en voiture, sont mal pris en compte par les politiques de mobilité actuelles. Les habitants des périphéries sont ainsi les premiers touchés par l’augmentation du coût de la vie, contribuant à aggraver la fracture territoriale.
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Des pistes pour l’avenir
Le ministre des Transports, Patrice Vergriete, a confirmé ce 9 juillet que la Métropole de Montpellier est labellisée au titre du Service express régional métropolitain (Serm). Cette initiative vise à améliorer la desserte entre la ville centre et ses zones périurbaines en renforçant l’offre ferroviaire et en la complétant par d’autres modes de transport. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, souligne l’importance de penser l’offre de transport à l’échelle du grand bassin de vie.
Julie Frêche ajoute que des efforts sont en cours avec huit intercommunalités voisines pour mieux prendre en charge les besoins des usagers non-métropolitains. Une démarche essentielle pour réduire les inégalités et tenir compte de tous les habitants du territoire.
Les nouvelles mesures tarifaires détaillées
- Ticket unitaire : 1,90 €, avec une durée de validité de 1 h 30.
- Carnet de 10 tickets : 15 €, toujours parmi les moins chers des grands réseaux français.
- Forfait P + Tram : Maintenu à 5,20 €, offrant un accès illimité au réseau Tam pour tous les occupants d’une voiture pendant toute une journée.
- Nouveaux titres : De nombreux titres seront créés, allant du ticket de 4 heures (3,50 €) à l’abonnement de 7 jours (20 €).
Cette hausse des tarifs, ajoutée à la disparité croissante entre les habitants de la métropole et ceux des territoires voisins, souligne la nécessité d’une réflexion approfondie et d’actions concrètes pour atténuer les déséquilibres territoriaux.