À Montpellier, l’obscurité nocturne des rues, instaurée dans le cadre du Plan Lumière depuis 2023, divise les habitants. Conçue pour réduire la pollution lumineuse et réaliser des économies d’énergie, cette mesure suscite un vif débat entre ceux qui s’inquiètent pour leur sécurité et ceux qui soutiennent l’engagement écologique de la ville. Alors que la métropole se félicite des bénéfices environnementaux et économiques, certains résidents expriment leurs craintes face à l’absence de lumière. Ce contraste soulève des questionnements quant à l’équilibre entre écologie, sécurité et bien-être des citoyens.
Depuis 2023, la Métropole de Montpellier a entrepris des actions audacieuses pour réduire la pollution lumineuse. En plongeant certaines rues dans l’obscurité totale entre 23 h et 5 h du matin dans le cadre du Plan Lumière, elle suscite des réactions passionnées et contradictoires parmi les habitants. Si la mesure vise à préserver l’écosystème et réduire la facture énergétique, le sentiment d’insécurité et les désagréments rencontrés par les résidents ne sont pas des moindres. Ce débat alimente ainsi vivement les discussions à chaque coin de rue et dans les corridors politiques.
Lancé depuis 2023, le Plan Lumière de la Métropole de Montpellier vise à combattre la pollution lumineuse. Il impacte directement les habitants en modifiant radicalement l’éclairage nocturne. En effet, depuis 2021, certaines zones, incluant sept grands axes routiers de Montpellier, sont plongées dans le noir entre 23 h et 5 h afin de minimiser l’impact visuel de l’éclairage artificiel. Pour Bruno Paternot, conseiller chargé de la qualité de l’environnement visuel, il est essentiel « d’éclairer où il le faut et quand il le faut », malgré le mécontentement de certains résidents.
Certaines personnes, comme Gérard, retraité de 69 ans, expriment leur désarroi face à cette situation périlleuse. Le 13 juillet dernier, alors qu’il traversait le cours Gambetta, il a été victime d’une chute à cause du manque de visibilité. « Il faisait nuit noire. Je ne voyais rien », raconte-t-il, amer. Pour Gérard, il est impensable que les résidents soient contraints d’utiliser la lumière de leurs téléphones pour se déplacer en ville. Sa mésaventure l’a poussé à alerter la mairie, espérant une remise en question de cette politique.
La sécurité est une préoccupation majeure pour de nombreux Montpelliérains. Bien qu’une étude de l’Observatoire Local de la Tranquillité Publique en 2022 n’ait pas directement lié les agressions au manque d’éclairage, Marion, une autre habitante, partage ses angoisses. Travaillant tard le soir, elle traverse quotidiennement des zones sombres pour rentrer chez elle. Le faible éclairage exacerbe son sentiment d’insécurité, particulièrement en tant que femme. « Résultat, je sors moins le soir », avoue-t-elle, consciente des implications sur sa vie sociale.
Outre la sécurité, le Plan Lumière poursuit un objectif économique. Bruno Paternot note des réductions significatives des dépenses énergétiques, atteignant entre 65 et 85 % depuis le lancement du projet. Toutefois, cette rationalisation financière est critiquée par des résidents comme Gérard. « Pour faire des économies, on met les gens en danger », réplique-t-il. Ce dilemme énergétique versus sécurité alourdit la controverse entourant le projet.
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Enfin, la réglementation de l’éclairage des vitrines souligne également la volonté de la municipalité de contrôler l’éclairage urbain. Les commerces doivent respecter des horaires précis pour l’extinction de leurs enseignes, sous peine de sanctions. Néanmoins, comme le montre la propagation de certaines pratiques, ce volet du Plan Lumière exaspère également certains commerçants.
Face à cette situation tendue, des initiatives citoyennes émergent. Une pétition a même été lancée pour restaurer l’éclairage nocturne dans certaines zones, témoignant d’une volonté collective de rediscuter les priorités urbaines à Montpellier.