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- JonOne de retour à Montpellier pour une nouvelle exposition
- Un artiste qui explore la peinture avec générosité
- Un artiste phare de l’art urbain en France
- Une immersion dans l’atelier de JonOne
- Une exposition qui célèbre la générosité de JonOne
- Une exposition qui fait rêver
- Une nouvelle évolution pour JonOne
- Un artiste qui a marqué Montpellier
- Informations pratiques
JonOne de retour à Montpellier pour une nouvelle exposition
Quelques heures avant l’ouverture de l’exposition « New style, new vibes : dans l’atelier de JonOne » à Parcelle 473 rencontre avec l’artiste de retour à Montpellier.
De ce mercredi 5 juin au 13 octobre 2024, Parcelle473, musée d’art urbain et contemporain de Montpellier, présente l’exposition « New style, new vibes : dans l’atelier de JonOne ». L’artiste peintre américain d’origine dominicaine, résidant en France depuis trente ans, fait son retour dans la capitale héraultaise après une exposition en 2016 au Carré Sainte-Anne qui a marqué sa vie.
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Un artiste qui explore la peinture avec générosité
A 60 ans, JonOne montre une nouvelle fois son exploration de la peinture, du graffiti new-yorkais à sa passion récente pour les fresques murales, avec en commun toujours beaucoup de générosité dans l’objectif de se réinventer en offrant du rêve.
Un artiste phare de l’art urbain en France
Chez Parcelle 473, le principe de la carte blanche est simple. « Les artistes ont une totale liberté. Nous n’imposons aucun format, rien. On ne sait pas ce que l’on va avoir. C’est pour ça qu’à chaque fois on a des oeuvres complètements différentes. Si c’est pour avoir les mêmes oeuvres que les autres cela ne sert à rien » explique Eric Brugier. Avec JonOne, le codirecteur de l’atelier Brugier-Rigail à Paris, associé et ami de Laurent Rigail à la tête de Parcelle 473, a été servi. « C’est la figure numéro un de l’art urbain en France car il est à cheval entre les États-Unis et la France. Il utilise les techniques du graffiti new-yorkais des années 80 mais, en arrivant en France, il a eu ce génie de faire du graffiti en évoluant progressivement vers l’art contemporain. Aujourd’hui ce n’est plus du graffiti, c’est de l’art contemporain. L’originalité de JonOne, peut-être parce qu’il est anglo-saxon, c’est d’avoir réussi à prendre le risque à chaque fois de tout remettre en question, de tout casser, de tout recommencer jusqu’à que cela soit bien. JonOne est un maître à penser pour beaucoup d’artistes en montrant qu’il faut prendre des risques. À 60 ans, il est capable d’arrêter tout ce qu’il fait qui cartonne pour faire autre chose. Et ça va cartonner ».
Une immersion dans l’atelier de JonOne
Pendant cinq jours, JonOne a donc investi l’ancien chai viticole situé sur les hauteurs de Malbosc. Car si une partie de l’exposition présente des oeuvres anciennes témoignant de ses différentes explorations, à l’instar de l’utilisation de la broderie, une second partie immerge le visiteur dans son atelier et son univers créatif. Pour l’occasion, une dizaine de tableaux ont été créés, une grande toile remplace le plafond et, ce qui n’était pas prévu, un grand mur. Car JonOne est à la fois un homme de défi et un besogneux qui n’hésite pas à la tâche. « Il a découvert l’endroit où il allait peindre les pièces de l’exposition et il y avait un échafaudage posé contre le mur. Il nous a demandé si c’était possible » s’amuse Éric Brugier face à l’ampleur de la charge que s’impose l’artiste. « C’est aussi une manière pour Jon de marquer son territoire » ajoute-t-il.
Une exposition qui célèbre la générosité de JonOne
Jour et nuit, depuis vendredi dernier, JonOne s’est donc emparé pleinement de cette carte blanche et s’y est investi totalement. « Parcelle473 est avant tout un lieu pour les artistes. Certains lieux sont faits pour les collectionneurs, les acheteurs, les spéculateurs… Ce n’est pas le cas ici et c’est pour ça que je mets toutes ma force pour que cela se passe bien » explique-t-il. Engagé auprès d’associations comme la Fondation Abbé Pierre, son travail est également marqué par une profusion synonyme de générosité. « Il n’y a pas de secret. Si tu veux réussir dans la peinture, il faut donner. Il ne faut pas garder pour soi. C’est la seule manière de continuer et vivre de la création ». JonOne sera d’ailleurs le parrain de la 7e édition de Solid’Art Montpellier, le salon d’art contemporain du Secours populaire, organisée les 20, 21 et 22 septembre au Zénith Sud.
Une exposition qui fait rêver
L’exposition « New Style, new vibes » illustre son besoin de se réinventer. « Je suis constamment dans la recherche de nouveautés et à comment je vais m’adapter à un nouveau temps. Le monde évolue tout le temps et des gens n’évoluent pas ou n’y arrivent pas. Je n’ai plus 20 ans mais j’essaye de prouver à tout le monde comment ma peinture peut-être contemporaine et durer dans le temps ». Un monde qu’il juge « plus compliqué et en même temps beaucoup plus facile. Il y a de la violence et des expériences que nous n’avions jamais vécu comme le covid. Mais quelque part cela me fait penser aux années 80 avec les tensions entre la Russie et les État-Unis, la découverte du SIDA… C’est à ce moment que je me suis dis que la fête était finie, que c’était maintenant qu’il fallait commencer à travailler et à avoir envie d’exister ». C’est peut-être pour sortir de ce tourbillon que JonOne se plonge abondamment et avec altruisme dans sa peinture. « J’essaye de faire un peu rêver les gens, de leur faire penser à autre chose, les emmener ailleurs par mon travail. Cette exposition est une explosion de couleurs, d’émotions et de gnaque ! ». Récemment, il a réalisé une fresque murale dans une petite ville du Nord marquée par la pauvreté. « C’est tellement coloré que j’espère que lorsque les gens la voit cela leur apporte de la fraîcheur dans leur vie quotidienne. J’essaye d’apporter de la joie dans les endroits où je vais » espère-t-il.
Une nouvelle évolution pour JonOne
Ce mur dans Parcelle473 est ainsi une manière de ramener cette nouvelle évolution de JonOne. « Avant je me concentrais sur les expositions, les toiles… un travail en intérieur. Ces trois dernières années, je suis de plus en plus sollicité pour faire des choses en extérieur ce qui est un exercice complètement différent. Cela entraîne les yeux et le cerveau à penser différemment. Avec ce mur, je veux montrer en intérieur ce que je fais en extérieur tout en expérimentant de nouveaux styles et de nouvelles idées que j’ai en tête depuis un moment pour voir comment les appliquer sur une grande fresque murale ». Joignant le geste à la parole, JonOne se dirige vers le mur, étale un pinceau chargé de peinture verte et s’exclame : « Je m’amuse grave ! ». Bien plus qu’une exposition, « New style, new vibes : dans l’atelier de JonOne », est à la fois une immersion et le témoignage direct des expérimentations d’un artiste généreux.
Un artiste qui a marqué Montpellier
À l’évocation de son exposition présentée à Montpellier en 2015 sous le commissariat de Numa Hambursin, JonOne a les yeux qui brillent. « J’étais en Italie quand on m’a appelé pour me proposer d’exposer au Carré Sainte-Anne car un artiste n’était pas prêt. J’avais trois mois pour occuper ce lieu immense. J’ai dit : « Oui, je peux, il n’y a pas de problème ». Résultat, avec la même générosité dont il fait preuve aujourd’hui, l’artiste a illuminé le lieu dont on attend impatiemment la réouverture prévu d’ici fin 2024après plusieurs années de travaux. « Comme c’est une ancienne église, j’ai imaginé que les visiteurs chemineraient comme lors d’un pèlerinage avec des grands formats et une grande pièce centrale en hauteur pour lever la tête comme si on voyait Dieu et ce dieu c’était moi. Les artistes sont proche d’un dieu car nous sommes des créateurs et nous faisons rêver » explique-t-il.
Mais si elle a marqué Montpellier, comptant parmi les grandes expositions accueillies dans la ville, « Above and Below » fut aussi un tournant pour JonOne. « C’est une exposition qui a changé ma vie. C’était ma première exposition dans une institution et j’étais peut-être un des premiers artistes de mon milieu en France à faire une exposition dans une institution. Et ce n’était pas l’exposition d’un street-artiste mais d’un artiste. Il y avait souvent des expositions dédiées au mouvement mais pas à un artiste même et à sa création. J’ai eu l’opportunité de montrer que je n’étais pas attaché à ce mouvement comme ça les gens m’ont vu pour ce que j’étais et pas seulement à travers l’étiquette d’un artiste de la rue » souligne-t-il avant de conclure : « C’est une exposition vraiment spéciale pour moi car elle m’a permis d’exploser. J’en garde de très bons souvenirs ». Montpellier en a garder également un très beau avec une toile offerte par JonOne en 2016 que l’on peut retrouver dans l’exposition à Parcelle743.