Jean-Marc Jancovici, éminent spécialiste des questions d’énergie et créateur du bilan carbone, exprime ses réserves quant au projet de contournement ouest de Montpellier. Lors d’une rencontre médiatique à l’occasion de l’événement UniversShifté, il a soulevé des inquiétudes sur la validité des estimations financières du projet. Selon lui, celles-ci reposent sur des axiomes erronés n’ayant pas pris en compte les nouvelles contraintes environnementales et de mobilité, remettant ainsi en question leur adéquation avec l’évolution démographique et économique actuelle.
Jean-Marc Jancovici, reconnu pour son expertise en matière d’énergie et de climat, critique fortement le projet de contournement ouest de Montpellier. Il forme son opinion sur l’assertion que les « estimations financières du projet laissent à désirer » et que les bases de ces calculs ne sont pas solides. En abordant les failles de ces projets anciens, il souligne l’inadéquation entre les prévisions économiques et la réalité climatique actuelle, plaçant la métropole de Montpellier au cœur d’un débat complexe sur l’équilibre entre développement urbain et durabilité.
Un projet anachronique
Selon Jancovici, les projets tels que l’A69 et le contournement ouest de Montpellier datent d’une époque aujourd’hui révolue, une époque où la nécessité de limiter les impacts environnementaux n’était pas encore au centre des discussions. Ces projets, nés dans le contexte d’un développement basé sur l’automobile, sont aujourd’hui confrontés à des critiques concernant la viabilité et les bénéfices économiques attendus. Le spécialiste pointe du doigt le manque de réévaluation selon les nouvelles contraintes environnementales et économiques, dénonçant une vision obsolète.
Le postulat économique contesté
Jean-Marc Jancovici remet en question le postulat économique sous-jacent à ces projets, qui repose sur l’idée que l’augmentation de la capacité de transport profitera à l’économie en réduisant le temps des trajets. Selon lui, cette logique ne reflète pas la réalité. Comme le montre la recherche d’Aurélien Bigo, le temps consacré quotidiennement par les individus aux déplacements reste constant depuis deux siècles. L’ajout de nouvelles infrastructures de transport ne fait que pousser les usagers à se déplacer plus loin, créant ainsi un « effet d’induction de trafic » plutôt qu’un gain de temps productif.
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Défauts dans les calculs des émissions
Les Shifters, un groupe de réflexion fondé par Jancovici, ont critiqué les calculs des émissions du projet de contournement, jugeant qu’ils n’avaient pas été effectués sur des bases solides. Ils clament que, tant que les axes initiaux des calculs sont erronés, la conclusion le sera forcément aussi. Selon Jancovici, il est crucial que ces informations soient mises à la disposition du public, permettant ainsi des décisions éclairées lors des débats publics.
Appel à la transparence
Jean-Marc Jancovici revendique une meilleure transparence des informations dans le cadre des débats publics, notamment sur les avantages et inconvénients des projets routiers. Il insiste sur la nécessité que la collectivité prenne des décisions éclairées et démocratiques en disposant de toutes les données. À travers cette critique, il rappelle l’importance d’un débat public fondé sur des faits concrets.
Nature complexe des choix politiques
Pour Jancovici, le débat autour des projets d’infrastructure ne se limite pas simplement à des questions économiques ou environnementales. Il souligne le besoin de prendre en compte la biodiversité et les nuisances atmosphériques. Par exemple, il note que le train, comme la LGV Paris-Marseille, a un effet plus positif sur l’environnement en réduisant le trafic aérien. Cependant, il fait ressortir la complexité des décisions politiques lorsqu’il s’agit de comparer l’empreinte écologique de différents moyens de transport.