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Un suicide tragique
Un policier national affecté au commissariat de Béziers s’est suicidé par pendaison. C’est le 23ème passage à l’acte de policiers en France depuis le début de l’année.
Un policier de l’Hérault
Les policiers nationaux de l’Hérault sont en deuil : l’un des leurs, un gardien de la paix qui était affecté dans une brigade de nuit de police secours au commissariat de Béziers s’est suicidé. Âgé d’une quarantaine d’années, père de famille, il avait été découvert pendu jeudi 2 novembre 2023 à son domicile. Décroché par un proche alors qu’il respirait encore, il avait pu être ramené à la vie par les secours et hospitalisé en état critique, avec le pronostic vital engagé. Mais il n’a jamais repris connaissance et il est décédé dimanche 5 novembre 2023.
Une enquête en cours
Une enquête a été ordonnée par le procureur de la République de Béziers pour déterminer les raisons de son geste terrible, s’il est consécutif à des problèmes dans son travail professionnel ou si c’est pour des raisons personnelles. Des enquêtes internes sont systématiquement diligentées, comme ce fut le cas pour le suicide en avril 2019 d’Élisabeth Gabet, 49 ans, une capitaine de police qui a choisi de se donner la mort avec son arme de service, dans son bureau de la sûreté départementale de l’Hérault, à l’hôtel de police de Montpellier. Quelle a été la conclusion des enquêtes ? Mystère.
Une triste réalité
C’est le 24ème suicide d’un policier national depuis le début de cette année, avec 12 le seul mois de janvier. En 2022, ils ont été 48 à se donner volontairement la mort, parmi les 78 passages à l’acte de policiers municipaux, gendarmes, gardiens de prison et douaniers, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur.
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La crise interne de la police
Cyril Cros, président d’Assopol, une association qui vient en aide aux policiers victimes de burn-out, estime que ces 23 suicides depuis janvier reflètent la crise interne majeure que traverse la police. Il affirme que le moral des agents est au plus bas et que l’association a reçu près de 4 000 sollicitations cette année. L’incarcération récente de policiers en mission et la réforme controversée prévue pour l’année prochaine ne font qu’aggraver l’inquiétude des fonctionnaires dans les commissariats.
Un témoignage alarmant
Dans un livre intitulé « Je suis flic et ce soir je vais me suicider », deux policiers évoquent le suicide dans leurs rangs. Ils mettent en cause la hiérarchie, en critiquant le fonctionnement du management, notamment au niveau des policiers sur le terrain. Un syndicaliste de Montpellier déclare que les collègues ont l’impression que des procureurs et des juges choisissent souvent entre un policier consciencieux et des voyous sans loi. Il accuse également le manque d’écoute dans les services du ministre de l’Intérieur.
Des numéros d’urgence et des associations d’écoute
Il existe des numéros spéciaux en ligne et des associations d’écoute sur le suicide. Si vous ou l’un de vos proches avez des idées suicidaires, contactez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, disponible 24h/24, 7j/7. Une ligne d’écoute est disponible pour les fonctionnaires de la police nationale victimes d’agressions ou de menaces au 0800 95 00 17, tous les jours, de 5 heures à 23 heures. Une cellule de soutien psychologique est également ouverte 24h/24 au 0805 230 405. Trois associations luttent contre le fléau des suicides dans la police nationale : SOS Policiers en Détresse (PEPS-SOS), Assopol, et Alerte police en souffrance (APS). L’ Amicale de la Police Nationale propose également un « réseau d’écoute et de soutien ».