Montrer les sections Cacher les sections
Unsa Police: Philippe Demolin et son adjoint virés pour avoir réclamé une neutralité politique
Un conflit éclate au sein du syndicat Unsa Police de l’Hérault, lié à la crise politique provoquée par la montée de l’extrême-droite. Philippe Demolin, policier à Montpellier, a été brutalement démis de ses fonctions de secrétaire régional d’Occitanie et de secrétaire départemental de l’Hérault par le bureau national du syndicat.
La cause de son renvoi : avoir envoyé, avec son secrétaire adjoint, une lettre demandant au secrétaire général de rester neutre et indépendant face à l’extrême-droite et à la percée du Rassemblement national (RN), alors que la Confédération nationale Unsa s’oppose à ces mouvements. Cette décision a été prise ce vendredi.
Une demande de neutralité politique
À lire Hérault : les premières listes pour les municipales 2026 dévoilées à Montpellier
Le jeudi 27 mai 2024, Métropolitain a reçu une copie de cette lettre, également envoyée au président de la Fasmi (fédération regroupant les syndicats de la police nationale). Voici son contenu :
« Dimanche 9 juin 2024, le président de la République a dissout l’Assemblée Nationale. Depuis plus de six ans, nous avons mené un engagement syndical loyal, constructif, transparent, respectable et respecté par toutes les instances administratives. Nous sommes profondément attachés aux valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté. Nous luttons quotidiennement contre toutes les formes de discriminations et d’injustices. Notre syndicalisme est humaniste, sincère et proche des citoyens. Ces valeurs font partie intégrante de notre ADN. Nous ne transigerons jamais sur ces principes fondamentaux. »
Violation des valeurs syndicales
Philippe Demolin et son adjoint dénoncent le positionnement actuel de la confédération syndicale Unsa : « En tant que responsables de l’Hérault et de l’Occitanie, il est de notre devoir de t’informer de notre profond désaccord, ainsi que celui de notre équipe et de nombreux adhérents, vis-à-vis de la position de notre confédération syndicale Unsa sur l’échiquier politique national. Notre syndicat Unsa Police doit rester totalement indépendant face à cette ambivalence et ne pas s’engager dans un quelconque mouvement ou union politique. Il ne doit y avoir aucune ambiguïté à ce sujet. Or, l’Unsa, à laquelle nous sommes affiliés, bafoue nos valeurs syndicales et nous ne sommes plus perçus comme un syndicat apolitique, neutre et respectueux du choix démocratique des citoyens français. »
Liberté de choix politique
Ils ajoutent : « Ne soyons pas indirectement complices de l’organisation du désordre, mais soyons les garants et les défenseurs des valeurs républicaines de notre pays, dont la démocratie est le fer de lance. Le choix de l’indépendance ou de l’appartenance doit être clairement exprimé et assumé. Face à la situation inédite de notre pays et aux enjeux qui en découlent, il est impératif de respecter la neutralité du vote des français et de l’ensemble des forces de l’Ordre. Ainsi, dès à présent, il nous semble crucial de clarifier, de garantir et de permettre une totale liberté de choix politique en respectant les idées de chaque collègue, chaque adhérent, chaque sympathisant, qu’ils soient policiers, administratifs ou techniques. »
Retrait d’une mention
En conclusion de la lettre, Philippe Demolin et son adjoint exigent un communiqué précis et clair sur leur position de neutralité et de détachement total vis-à-vis de la confédération syndicale Unsa, ainsi que le retrait immédiat de la mention « Lutte contre l’extrême droite » dans le code de conduite des stages Cefu et dans la nouvelle résolution approuvée à l’unanimité par toutes les fédérations lors du congrès de Dijon en juin 2023.
En réponse, l’instance nationale a exclu Philippe Demolin et son adjoint, tandis que l’ensemble du bureau de l’Unsa Police de l’Hérault a démissionné en signe de soutien et pour condamner cette décision. « Nous sommes totalement apolitiques et nous n’avons pas d’avis à exprimer en tant que syndicat de la fonction publique », déclare Philippe Demolin. Le vote controversé en faveur du RN ne se limite pas aux urnes.