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Un verdict d’acquittement rendu dans un procès fictif
Le jeudi 23 novembre 2023, un procès fictif sur une « tentative d’homicide volontaire » s’est tenu à l’Hôtel de Région à Montpellier. Dans cet amphithéâtre transformé en cours d’assises, une femme nommée Jeanne P. était jugée pour avoir agressé son mari. Neuf lycéens ont été tirés au sort parmi les élèves des lycées Jean-François Champollion à Lattes, Jules Ferry à Montpellier et Auguste Loubatières à Agde pour faire partie du jury. Finalement, les jurés ont décidé d’acquitter l’accusée, estimant qu’elle était en état de légitime défense. Les jeunes héraultais ont applaudi cette décision.
Les faits reprochés à Jeanne P.
La présidente du tribunal, la journaliste Gwenaëlle Guerlavais, a rappelé les faits qui se sont déroulés dans un appartement de la rue de l’Université à Montpellier. Le 12 mai 2022, lors d’une violente dispute avec son mari, Jeanne Pons a assommé ce dernier à coups de poêle, le blessant grièvement. Il a dû être hospitalisé pendant 124 jours. Jeanne P., mère de trois enfants, a confirmé ces accusations, tandis que son époux Aymeric Hervé P. a nié toute violence conjugale. Cependant, des témoins ont contredit cette version, affirmant avoir remarqué des traces de coups sur le corps de Jeanne P. La colonelle de gendarmerie a également confirmé que Jeanne P. avait déposé des mains courantes contre son mari.
Un éclairage sur les féminicides
Pierre Costa, président d’une association sur les causes des violences masculines, a apporté son expertise lors du procès fictif. Il a expliqué que les violences intra-familiales étaient encore taboues et que cela était dû à la domination patriarcale des hommes sur les femmes depuis des millénaires. Il a également souligné que les violences conjugales étaient souvent précédées de violences psychologiques, suivies d’excuses et de déclarations d’amour de la part des agresseurs. Il a rappelé que certaines femmes, par peur de perdre la garde de leurs enfants, retirent leurs plaintes et défendent leurs conjoints devant les tribunaux correctionnels.
Un atout pédagogique pour les lycéens
Ce procès fictif a été organisé par la Région Occitanie dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Il a permis à une centaine de lycéens de participer à des échanges avec des experts sur le sujet des violences sexistes et sexuelles. Les lycéens ont ainsi pu poser leurs questions aux différents intervenants présents, tels que des représentants de la gendarmerie, des avocats, des associations de lutte contre les violences conjugales, etc. Cette expérience immersive visait à sensibiliser les jeunes générations à ces problématiques.
La mobilisation de la Région Occitanie
La conseillère régionale déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les violences faites aux femmes, Nadia Bakiri, a accueilli les lycéens lors de ce procès fictif. Elle a souligné l’engagement de la Région Occitanie dans la lutte contre les violences, que ce soit en milieu professionnel ou dans la vie quotidienne. Elle a également rappelé que la Région détient malheureusement le triste record des féminicides en France. Carole Delga, présidente de la Région, a également exprimé son soutien à cette initiative, affirmant que la lutte contre les violences faites aux femmes devait être menée quotidiennement.